Sommaire
- Le parc en chiffres
- Novembre 2026 : ce qui est accessible, ce qui ne l'est plus
- Le pré de Madame Carle, sans route
- Les autres vallées après la crue
- Que faire dans les Écrins quand l'hiver arrive
- Sept vallées, sept portes d'entrée
- Cinq randonnées pour la belle saison
- La faune : quoi voir, et quand
- Les règles du cœur du parc
- Villages de pierre et maisons à arcades
- Écrins, Vanoise ou Mercantour ?
- Crédits photos
Entre l’Isère et les Hautes-Alpes, le Parc national des Écrins protège un massif de haute montagne : environ 7 200 hectares de glaciers, la Barre des Écrins à 4 102 mètres, sept vallées aux caractères très différents. Mais l’automne 2026 n’est pas un automne comme les autres : les crues de la fin août ont coupé l’accès routier au site le plus fréquenté du parc, le pré de Madame Carle. Voici ce qu’il faut savoir pour y aller, maintenant et à la belle saison.
L’essentiel : les sentiers d’altitude des Écrins sont praticables en général de la mi-juin à la fin septembre. En novembre, restez dans les fonds de vallée, passez par une Maison du parc, et ne comptez pas monter en voiture au pré de Madame Carle : la route a été emportée au-delà d’Ailefroide et ne sera pas reconstruite.
Le parc en chiffres
Le Parc national des Écrins a été créé le 27 mars 1973. C’est le parc de la haute montagne parmi les onze parcs nationaux de France. Il se compose de deux parties : le cœur, où s’applique une réglementation stricte, et l’aire d’adhésion, formée des communes qui l’entourent et ont signé la charte du parc.
| Repère | Chiffre publié par le parc |
|---|---|
| Création | 27 mars 1973 |
| Cœur du parc | 91 800 ha |
| Aire d’adhésion | 179 581 ha |
| Glaciers | environ 7 200 ha |
| Point culminant | Barre des Écrins, 4 102 m |
| Sentiers dans le cœur | plus de 700 km, 146 passerelles et ponts |
| Hébergements | 38 refuges et 48 gîtes d’étape |
| Accueil | 7 Maisons du parc |
| Flore | 2 500 espèces végétales |
| Faune (quelques groupes) | 75 mammifères, 233 oiseaux, 16 reptiles, 10 amphibiens, 21 poissons, 222 papillons de jour |
Le chiffre de 918 km² que l’on lit souvent correspond au seul cœur du parc. En y ajoutant l’aire d’adhésion, on arrive à environ 2 700 km².
Novembre 2026 : ce qui est accessible, ce qui ne l’est plus
Les 27 et 28 août 2026, une crue exceptionnelle a frappé les vallées des Écrins, surtout la Vallouise, l’Oisans et le Valbonnais. Les bilans publiés par le parc début septembre permettent de faire le point, vallée par vallée. Ils datent de quelques semaines : le parc rappelle que l’état des sentiers n’est pas contrôlé chaque jour et peut changer vite après un épisode météo.
Le pré de Madame Carle, sans route
La route qui monte d’Ailefroide au pré de Madame Carle, en Vallouise, a été emportée sur plusieurs tronçons, avec par endroits des décaissements d’une vingtaine de mètres. C’est le site le plus fréquenté du parc : en 2025, environ 92 000 personnes ont emprunté le sentier du glacier Blanc et 29 000 véhicules sont montés au parking. La route ne sera pas reconstruite. Le parc et la préfecture des Hautes-Alpes étudient une desserte plus en aval, avec navette puis marche jusqu’au pré, et visent un premier schéma pour décembre 2026, en vue de la saison 2027. Le communiqué du parc du 3 septembre 2026 détaille la situation.
À pied, le pré reste joignable depuis Ailefroide par le sentier de la Poire, malgré des portions emportées. La passerelle sur le torrent du Glacier Noir a disparu ; un gué la remplaçait début septembre, en attendant les travaux des agents du parc.
Les autres vallées après la crue
| Secteur | État publié par le parc (4 septembre 2026) |
|---|---|
| Vallouise | Route du pré de Madame Carle fermée après Ailefroide ; ailleurs, sentiers arrachés aux passages de combes, ouverts avec vigilance |
| Briançonnais | Pas de vigilance particulière ; sentier des Crevasses remis en état, col des Grangettes accessible |
| Freissinières | Route du parking des Cascades (accès à Dormillouse) déblayée |
| Oisans, haut Vénéon | Accès en voiture jusqu’aux Étages, pas de parking à La Bérarde ; vers Temple Écrins, passer par la rive droite |
| Oisans, lac du Lauvitel | Accès par la seule rive gauche (GR 54), la passerelle de rive droite manque |
| Valbonnais | Sentiers les plus fréquentés remis en état, zones ravinées ; cols de la Muzelle et de Côte Belle retravaillés |
| Valgaudemar | Peu touché ; passerelle du Gioberney remplacée, gué sur le torrent de Muande Bellone |
Dans le haut Vénéon, la situation vient aussi de plus loin : le village de La Bérarde a été dévasté par la crue de juin 2024, et la Fédération française de randonnée indiquait encore en juin 2025 qu’il restait interdit au public.
Que faire dans les Écrins quand l’hiver arrive
Le parc le rappelle dans ses fiches de randonnée : ses sentiers sont généralement praticables de la mi-juin à la fin septembre, et les dates de pose des passerelles varient d’une année à l’autre. En novembre, la neige gagne les vallons et les avalanches deviennent un risque réel ; le parc le signale, par exemple, pour le vallon du Lauvitel. Ce qui reste à votre portée :
- Les Maisons du parc. Celle du Briançonnais, dans la cité Vauban de Briançon, ouvre du 4 novembre au 18 décembre 2026 les mercredis, jeudis et vendredis, de 10 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h (fermée le 11 novembre), avec une exposition sur la faune d’altitude. Au Bourg-d’Oisans, la Maison de l’Oisans et du parc, inaugurée en septembre 2025, partage son accueil avec l’office de tourisme. Les horaires changent avec les saisons : appelez avant de venir.
- Les villages et le patrimoine bâti. Une courte boucle « architecture » de 30 minutes part du parvis de l’église de Puy-Saint-Vincent (voir plus bas).
- Les sorties encadrées dans la neige. Chaque hiver, le parc et des accompagnateurs en montagne proposent des sorties de découverte : traces d’animaux, raquettes, observation des chamois et des bouquetins. Le programme se trouve dans les Maisons du parc et les offices de tourisme du massif.
En raquettes comme à skis, consultez le bulletin d’estimation du risque d’avalanche de Météo-France avant chaque sortie, et préférez un professionnel si vous ne savez pas lire le terrain.
Sept vallées, sept portes d’entrée
Le massif se découvre par ses vallées, reliées à pied par des cols, comme le fait le GR 54, tour de l’Oisans et des Écrins. Choisissez-en une ou deux selon ce que vous venez chercher, plutôt que de vouloir tout voir.
| Vallée | Département | Ce qu’on y vient voir |
|---|---|---|
| Oisans | Isère | Le Vénéon, la Meije, le lac du Lauvitel ; Maison du parc au Bourg-d’Oisans |
| Valbonnais | Isère | Le vallon de Valsenestre, chamois au printemps |
| Briançonnais | Hautes-Alpes | Col du Lautaret, Alpe de Villar-d’Arène, cirque d’Arsine ; Maison du parc à Briançon |
| Vallouise | Hautes-Alpes | Ailefroide, glaciers Blanc et Noir, lac de l’Eychauda, villages à arcades |
| Embrunais | Hautes-Alpes | Réallon et son sentier d’interprétation |
| Champsaur | Hautes-Alpes | Bouquetins des adrets de Champoléon |
| Valgaudemar | Hautes-Alpes | Le Gioberney et le plateau de Tirière |
Cinq randonnées pour la belle saison
Ces cinq itinéraires figurent sur Destination Écrins, le site de randonnée du parc, qui donne pour chacun une fiche détaillée. Les durées sont celles du parc, pauses non comprises. Retenez-les pour l’été 2027, et relisez l’état des sentiers avant de partir.
| Randonnée | Départ | Durée | Longueur | Dénivelé + | Niveau | À savoir |
|---|---|---|---|---|---|---|
| L’Alpe de Villar-d’Arène | Pont d’Arsine, Villar-d’Arène | 4 h 30 | 10,7 km (boucle) | 425 m | Facile | Balade familiale en fond de vallée, marmottes, refuge de l’Alpe |
| Le cirque d’Arsine par le sentier des Crevasses | Col du Lautaret | 7 h 30 | 21,1 km (boucle) | 666 m | Longue journée | Lacs du glacier d’Arsine vers 2 455 m ; schistes glissants par temps humide |
| Le lac de l’Eychauda | Hameau de Chambran, Vallouise-Pelvoux | 5 h | 11,7 km (aller-retour) | 823 m | Moyen | Montée au soleil sur le versant sud-est, vent froid possible au lac |
| Le lac du Lauvitel | Les Ougiers, près de La Danchère (Oisans) | 4 h | 8,9 km (boucle) | 701 m | Difficile | Rive gauche seulement depuis la crue ; sud du lac en réserve intégrale |
| Le refuge du Glacier Blanc | Ailefroide (le pré de Madame Carle n’est plus desservi) | 5 h (montée) | 9,3 km (aller) | 1 061 m | Moyen | Depuis le pré, la boucle faisait 3 h 30 pour 720 m de dénivelé |
Au lac du Lauvitel, la partie sud du lac et le fond du vallon sont classés en réserve intégrale : l’accès y est interdit, car ce secteur sert à la recherche scientifique. Le bivouac n’y est permis que dans un périmètre délimité, signalé par un panneau.

Pour le glacier Blanc, l’été 2027 dépendra de la solution retenue pour remplacer la route. Si vous montez depuis Ailefroide, comptez une vraie journée de montagne, et vérifiez la période de gardiennage du refuge. Les amateurs de lacs d’altitude face aux glaciers trouveront un autre classique plus au nord avec le lac Blanc, face au massif du Mont-Blanc.
Le lac de l’Eychauda, sous les crêtes des Grangettes et le Dôme du Monêtier, dégèle tard : le 29 juin 2018, il était encore à moitié pris par la glace. En poussant jusqu’au col des Grangettes, au-dessus, on domine le lac.

La faune : quoi voir, et quand
Le chamois est l’animal que vous croiserez le plus. Une fiche du parc éditée en 2010 en recensait près de 14 000 dans les Écrins, entre 1 000 et 2 500 mètres en général. Le rut a lieu en novembre et décembre : c’est le moment où les mâles poursuivent les femelles sur les pentes. Les bouquetins forment plusieurs colonies, issues de réintroductions ; les comptages de l’hiver 2019-2020 en donnaient plus de 420 dans le Champsaur, surtout sur les adrets de Champoléon, et environ 320 dans les Cerces. Leur rut commence au début de l’hiver. Pour savoir où et comment les approcher dans tout l’arc alpin, voyez les meilleurs coins pour voir bouquetins et chamois.
| Saison | Ce qu’on observe |
|---|---|
| Printemps | Chamois et bouquetins descendent chercher l’herbe nouvelle ; les chamois perdent leur toison d’hiver |
| Été | Marmottes près des sentiers, chamois sur les pelouses d’altitude tôt le matin ; naissances des chamois en mai-juin |
| Automne | Rut des chamois en novembre-décembre |
| Hiver | Rut des bouquetins ; le lièvre variable, le lagopède et l’hermine passent au blanc ; les bouquetins des Cerces hivernent vers le Pont de l’Alpe, dans le Briançonnais |
L’hiver est la saison où la faune est la plus fragile. Un chamois vit alors sur ses réserves et peut perdre jusqu’au tiers de son poids ; le faire fuir dans la neige profonde lui coûte cher. Observez aux jumelles ou à la longue-vue, restez sur les itinéraires connus, et faites demi-tour si un groupe se met en mouvement à votre approche. Le parc signale aussi une période sensible pour l’aigle royal, de janvier à août, sur certains secteurs.
Les règles du cœur du parc
Dans le cœur, une réglementation nationale s’applique ; elle surprend souvent les visiteurs qui viennent des stations voisines. Elle est résumée sur la page de présentation du parc sur Destination Écrins.
- Chiens interdits, même tenus en laisse, sauf chiens de travail (guide, troupeau, avalanche).
- VTT interdit sur les sentiers du cœur, réservés aux marcheurs. Le vélo se pratique dans l’aire d’adhésion.
- Pas de camping. Le bivouac est toléré de 19 h à 9 h, à au moins une heure de marche des limites du parc ou des routes.
- Rien ne se cueille ni ne se prélève : fleurs, animaux, minéraux, fossiles.
- Survol interdit à moins de 1 000 mètres du sol.
Villages de pierre et maisons à arcades
On lit parfois que les vallées des Écrins sont faites de « chalets en bois » : c’est l’image de la Savoie, pas celle d’ici. Le bâti traditionnel est surtout en pierre. En Vallouise, les maisons des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles s’élèvent sur plusieurs niveaux, les bêtes en bas, l’habitation au-dessus, le grain dans les étages, et leurs galeries à arcades, introduites par des maçons piémontais, servaient d’escaliers extérieurs. À Puy-Saint-Vincent, les maisons gardent la rusticité d’un bloc tout en pierre, sous un toit débordant qui abrite un balcon de séchage et le bois de l’hiver. Dans le Champsaur et le Valgaudemar, l’entrée de la maison et de l’étable s’abrite sous une arcade voûtée au rez-de-chaussée, la « toune ».
La boucle « L’architecture du Puy », proposée par le parc, se fait en 30 minutes depuis l’église de Puy-Saint-Vincent : moulin, four communal, anciennes chènevières où l’on cultivait le chanvre jusque dans les années 1920. Elle reste à faire quand les sentiers d’altitude sont sous la neige.
Écrins, Vanoise ou Mercantour ?
Les trois parcs nationaux des Alpes françaises ne se ressemblent pas. Les Écrins sont le parc de la haute montagne et des glaciers, celui des alpinistes, avec des vallées profondes qui butent sur les sommets. La Vanoise voisine, premier parc national créé en France, est le pays du bouquetin : une soixantaine d’animaux en 1963, environ 3 000 aujourd’hui dans le massif. Plus au sud, le Mercantour et sa vallée des Merveilles mêlent lacs d’altitude et gravures rupestres.
Si vous ne retenez qu’une chose pour les Écrins : venez entre la mi-juin et la fin septembre pour les sentiers, et lisez l’actualité du parc la veille du départ. Cette année plus que jamais, c’est elle qui dit par où passer.
Crédits photos
- Jmcc150, Barre des Écrins & Glacier Blanc, CC BY-SA 4.0
- MOSSOT, Pré de Madame Carle (Pelvoux) -04, CC BY-SA 3.0
- Romaric Juvanon, Lac Lauvitel – Massif des Ecrins, CC BY-SA 4.0
- Bruno Jargot, Le lac de l’Eychauda (2514m), CC BY 2.0
- Denis Champollion, Chamois au printemps au Vallon de Valsenestre dans le parc des Ecrins, CC BY-SA 3.0



