Sommaire
- Un parc national pas comme les autres : deux îles et 600 mètres de mer
- Port-Cros, l'île qui se découvre à pied
- Les randonnées balisées du parc
- Le sentier sous-marin de la Palud
- Sous la surface : posidonie, coralligène et mérous
- Porquerolles : plages, vergers et vélo
- Oiseaux et petits animaux des îles d'Or
- Y aller : les bateaux et les ports de départ
- Les règles à connaître avant de débarquer
- Quelle saison choisir ?
- Crédits photos
À une quinzaine de kilomètres de la côte varoise, deux îles concentrent ce que la Méditerranée française a de mieux préservé : Port-Cros, montagneuse et couverte de forêt, que l’on parcourt seulement à pied, et Porquerolles, plus grande, plus plate, ourlée de plages de sable au nord. Toutes deux forment le cœur du Parc national de Port-Cros, le plus ancien parc marin d’Europe. On y vient pour marcher, nager au-dessus des herbiers et croiser des mérous, à condition d’accepter des règles plus strictes qu’ailleurs sur la côte.
L’essentiel : on rejoint les îles en bateau, depuis le port d’Hyères ou Le Lavandou pour Port-Cros, depuis la Tour Fondue (presqu’île de Giens) pour Porquerolles. Port-Cros se visite à pied, sans vélo ; Porquerolles à pied ou à vélo. Venez de préférence au printemps ou à l’automne, comme le conseille le parc : l’été, l’affluence et le risque d’incendie ferment parfois les sentiers. Ni feu ni cigarette dans les espaces naturels.
Un parc national pas comme les autres : deux îles et 600 mètres de mer
Le Parc national de Port-Cros a été créé le 14 décembre 1963, six mois après celui de la Vanoise. Il doit beaucoup à Marceline Henry, installée sur l’île après la Première Guerre mondiale, qui fit don à l’État de la quasi-totalité de son domaine, 213 hectares, pour que l’île soit protégée. André Malraux, alors ministre, appuya le projet.
Sa particularité tient à la mer : dès l’origine, le parc a protégé les fonds autour de l’île, ce qui en fait le pionnier des parcs marins en Europe. Depuis le décret du 4 mai 2012, il compte deux « cœurs » : l’île de Port-Cros avec ses îlots, et les espaces naturels de l’État à Porquerolles, soit environ 1 000 hectares, 80 % de l’île, que le parc gère depuis 1971. Autour de chaque île, une bande de mer de 600 mètres forme le cœur marin, soit environ 2 900 hectares. Au-delà, l’aire maritime adjacente s’étend jusqu’à 3 milles marins au sud des îles, et cinq communes du littoral, de La Garde à Ramatuelle, ont adhéré à la charte du parc.
C’est l’un des dix parcs nationaux de France, et sans doute le plus maritime : si vous voulez le situer parmi les autres, notre tour d’horizon des parcs nationaux de France les présente un par un. La troisième île de l’archipel, le Levant, n’est pas dans le cœur du parc.
| Port-Cros | Porquerolles | |
|---|---|---|
| Superficie | environ 700 ha (4,5 km sur 3,5 km) | environ 1 250 ha (7 km sur 3 km) |
| Statut | cœur de parc depuis 1963 | géré par le parc depuis 1971, cœur de parc depuis 2012 (espaces de l’État, 80 % de l’île) |
| Relief | montagneux, forêt dense ; mont Vinaigre, 194 m | collines boisées, plaines cultivées ; sémaphore, 142 m |
| Se déplacer | à pied seulement, vélo interdit | à pied ou à vélo (pas sur le sentier des crêtes) |
| Chiens | admis au village seulement | admis, tenus en laisse |
| Bateau | port d’Hyères, Le Lavandou (toute l’année), autres ports en saison | la Tour Fondue (presqu’île de Giens), autres ports en saison |
| À ne pas manquer | plage et sentier sous-marin de la Palud, circuit des forts, crêtes de la côte sud | plages de la côte nord, falaises du sud, vergers du Conservatoire botanique |
Port-Cros, l’île qui se découvre à pied
Le bateau accoste dans une petite rade où se serrent quelques maisons de pêcheurs, une église, la capitainerie et la Maison de Parc national (04 94 01 40 70). Pas de voiture, pas de vélo : tout se fait à pied, sur une trentaine de kilomètres de sentiers balisés selon l’office de tourisme du Lavandou. L’île est dominée par le pin d’Alep et le chêne vert, avec un maquis très dense, trois petites plages et une côte sud en falaises. Cinq forts, du fort du Moulin au fort de Port-Man, rappellent qu’elle fut longtemps une place militaire.
Il n’y a pas de distributeur de billets sur l’île et l’offre de restauration est limitée : prévoyez eau, pique-nique et espèces, ainsi que de vraies chaussures de marche, les sentiers étant souvent rocailleux.
Les randonnées balisées du parc
Le parc publie six itinéraires au départ du village. Les chiffres ci-dessous viennent de ses fiches de randonnée ; les durées sont celles d’un marcheur moyen, sans les pauses baignade.
| Itinéraire (Port-Cros) | Distance | Durée | Dénivelé positif | Niveau |
|---|---|---|---|---|
| Circuit de l’eau | 3,2 km | 1 h | 65 m | très facile |
| Plage de la Palud par le sentier des plantes | 5,1 km | 2 h | 153 m | facile |
| Sentier des écrivains | 7,1 km | 3 h | 188 m | intermédiaire |
| Circuit des crêtes (mont Vinaigre, côte sud) | 9 km | 3 h | 243 m | intermédiaire |
| Circuit des forts | 12,3 km | 4 h | 338 m | intermédiaire |
| Tour de l’île, l’intégrale | 16 km | 6 h | 425 m | difficile |
Pour une première visite à la journée, la boucle de la Palud par le sentier des plantes est la plus équilibrée : de petites plaques numérotées nomment les plantes typiques de l’île, l’itinéraire passe par trois des cinq forts et aboutit à la plage de la Palud, face à l’îlot du Rascas. Le circuit des crêtes mène au mont Vinaigre, point culminant de l’île, puis longe une côte sud escarpée, spectaculaire les jours de mistral.

Le sentier sous-marin de la Palud
C’est à Port-Cros qu’a été créé, en 1979, le premier sentier sous-marin de France. Depuis la plage de la Palud, une sortie palmée d’environ 40 minutes suit six haltes signalées par des bouées, avec des panneaux explicatifs immergés : herbier de posidonie, rochers, poissons des petits fonds. Le parc y compte environ 15 000 visiteurs par an. Le parcours est en accès libre et gratuit ; il était ouvert en 2026 du 15 juin au 15 septembre, selon l’office de tourisme régional. Apportez masque, tuba et palmes, rien n’est prêté sur place, et renoncez-y les jours de fort mistral.
Sous la surface : posidonie, coralligène et mérous
Le parc recense quelque 500 espèces d’algues et 180 espèces de poissons dans ses eaux. Deux milieux font leur richesse. L’herbier de posidonie, une plante à fleurs marine qui descend jusqu’à une quarantaine de mètres, sert de nurserie et de frayère à de nombreux poissons. Plus bas, à partir d’une vingtaine de mètres, le coralligène couvre les roches de gorgones, d’éponges et de bryozoaires, et abrite d’importantes populations de mérou brun, l’animal emblématique du parc. Il n’est pas rare non plus de croiser autour des îles le grand dauphin, le plus côtier des cétacés de la région.
La plongée en bouteille dans les eaux du parc est interdite sans autorisation : chaque plongeur ou club doit s’inscrire sur le carnet de plongée en ligne du parc (CaPeL), puis passer dans une Maison de Parc pour obtenir l’autocollant à apposer sur le bateau. Le règlement limite à 40 le nombre de plongeurs simultanés par site, interdit de nourrir les poissons, de retourner les roches et de toucher le fond ou les espèces. Certains sites ferment à la plongée du 1er avril au 30 septembre.

Pour la pêche de loisir, la règle est simple à Port-Cros : elle est interdite dans le cœur marin, à l’exception de la pêche à la traîne dans la partie nord de l’île (deux cannes au plus, un seul hameçon ou leurre par ligne). La chasse sous-marine est interdite. À Porquerolles, elle est encadrée par zones et par nombre de prises.
Porquerolles : plages, vergers et vélo
Porquerolles est la plus grande et la plus habitée des îles d’Or. Sa côte nord aligne des plages de sable blanc bordées de pins, de bruyères et de myrtes odoriférants, la plage d’Argent ou celle de Notre-Dame parmi les plus connues ; la côte sud, comme à Port-Cros, tombe en falaises. Entre les deux, sur 180 hectares de terres agricoles, le Conservatoire botanique national méditerranéen, géré par le parc, conserve des semences de plantes sauvages menacées et des variétés anciennes d’arbres fruitiers : figuiers, fruits à noyau, agrumes.
Ici, le vélo est autorisé sur les pistes et loué au village. Le parc propose des circuits balisés au départ de la place d’Armes : le circuit du Midi (6 km), celui des forts (8,8 km) ou celui du Couchant (11 km) jusqu’à la presqu’île du Langoustier. À pied, le sentier des crêtes (8,6 km, environ 3 h 30) longe les falaises de la côte sud jusqu’au cap d’Armes et la calanque de l’Indienne ; il est interdit aux vélos. Le circuit du Langoustier (11,4 km, 4 h) relie les quatre plages de l’ouest de l’île.

Victime de son succès, l’île a dû se fixer une limite. Le parc estime qu’elle reçoit environ un million de visiteurs par an, et jusqu’à 8 000 personnes par jour en juillet-août par les seules navettes. Depuis l’été 2021, la Métropole Toulon Provence Méditerranée, la commune d’Hyères et le parc régulent les jours de pointe : la ligne sous délégation de service public fonctionne à heure fixe avec une jauge d’environ 4 000 passagers, et une charte avec les autres bateliers vise un total d’environ 6 000 visiteurs débarqués par jour.
Oiseaux et petits animaux des îles d’Or
À terre, les îles abritent des espèces qu’on ne voit presque nulle part ailleurs en France : le phyllodactyle d’Europe, un petit gecko en régression, et le discoglosse sarde, un petit amphibien que le parc présente comme endémique de Port-Cros, de la Corse et de la Sardaigne. Les chauves-souris et les invertébrés y sont très variés.
Côté oiseaux, l’archipel est surtout un royaume des oiseaux marins. Selon le parc, ses îles accueillent pendant la reproduction près de 90 % de la population française de puffin yelkouan et 25 % de celle du puffin cendré. Le faucon pèlerin, le petit-duc et la fauvette pitchou y nichent aussi, et de nombreux migrateurs font escale au printemps et à l’automne. Les îlots de Bagaud, de la Gabinière et du Rascas sont classés en réserve intégrale depuis 2007 : on n’y débarque pas, ils sont réservés à la nature et au suivi scientifique. Si vous naviguez près des falaises au printemps, gardez vos distances avec les colonies.
Y aller : les bateaux et les ports de départ
Les deux îles ne se rejoignent qu’en bateau. Pour Porquerolles, le départ principal est l’embarcadère de la Tour Fondue, à la pointe de la presqu’île de Giens, avec la compagnie qui assure la ligne publique ; d’autres compagnies partent en saison de ports voisins. Pour Port-Cros, la même compagnie embarque au port d’Hyères (29 € l’aller-retour adulte en 2026, d’après sa grille tarifaire), et des bateaux partent toute l’année du port du Lavandou, avec des horaires réduits et des départs non quotidiens hors saison, précise l’office de tourisme. En juillet et août, réservez : les bateaux affichent vite complet.
Si vous venez avec votre propre bateau, Port-Cros est le seul port géré par un parc national. Les règles sont précises : vitesse limitée à 12 nœuds entre 300 et 600 mètres des côtes, à 5 nœuds dans la bande des 300 mètres et dans la zone de mouillage de Bagaud, à 3 nœuds dans le port ; mouillage interdit aux navires de plus de 24 mètres ; scooters des mers et engins tractés interdits. La zone de mouillage organisé de Bagaud compte 68 bouées, du 15 avril au 15 octobre, gratuites de 8 h à 18 h et payantes sur réservation la nuit. Tout est détaillé dans le dépliant de réglementation marine du parc.
Les règles à connaître avant de débarquer
Un parc national est « ouvert à tous mais sous la responsabilité de chacun », rappelle le parc. Dans les cœurs de Port-Cros et de Porquerolles, voici ce qui s’applique au promeneur :
- Feu et cigarette : interdits dans les espaces naturels, comme le camping et le bivouac.
- Sentiers : du 15 juin au 15 septembre, il est interdit de sortir des sentiers balisés, sur tout le territoire terrestre du parc.
- Chiens : à Port-Cros, au village seulement ; à Porquerolles, en laisse.
- Nature : on ne cueille rien, on ne prélève rien, on ne nourrit pas les animaux, à terre comme en mer.
- Drones : interdits dans le parc national, comme le survol.
- Bruit : les bruits de nature à troubler la tranquillité des lieux sont interdits.
En été, un point compte plus que les autres : le risque d’incendie. Selon le niveau fixé chaque jour par la préfecture, les massifs boisés des îles peuvent être fermés et seuls les sentiers du littoral restent ouverts. Consultez la carte d’accès aux massifs du Var la veille ou le matin même, et la page réglementation du parc national pour le détail.
Quelle saison choisir ?
Le parc le dit lui-même pour ses deux îles : elles se découvrent « de préférence hors de la saison estivale ».
| Saison | Pour | Contre |
|---|---|---|
| Printemps (avril – juin) | Maquis en fleurs, migrateurs de passage, sentiers agréables | Eau encore fraîche ; certains sites fermés à la plongée dès le 1er avril |
| Été (juillet – août) | Baignade, sentier sous-marin ouvert, plus de bateaux | Foule, jauge à Porquerolles les jours de pointe, massifs fermés selon le risque d’incendie, sortie des sentiers interdite |
| Automne (septembre – novembre) | Mer encore douce en septembre, migrateurs, lumière rasante, calme dès octobre | Bateaux moins fréquents ; zone de mouillage de Bagaud fermée après le 15 octobre ; capitainerie de Port-Cros fermée après le 31 octobre |
| Hiver (décembre – mars) | Îles presque désertes, randonnée au calme | Départs réduits et non quotidiens pour Port-Cros, mistral, peu de services ouverts |
Fin octobre, les îles retrouvent leur calme : c’est le bon moment pour faire le tour de Port-Cros en une journée ou longer les falaises du sud de Porquerolles, à condition de vérifier les horaires de bateau, plus espacés.
Pour prolonger le voyage sur la côte provençale, le parc national des Calanques, entre Marseille et Cassis, offre un autre visage du littoral provençal, tout en calcaire blanc. Dans l’arrière-pays, les gorges et sentiers du Verdon font passer de la mer aux canyons, et le Mercantour et sa vallée des Merveilles mène jusqu’à la haute montagne.
Crédits photos
- Rundvald, Ile de Port-Cros, rade, port de plaisance, fort du Moulin, CC BY-SA 4.0
- Rémih, Mont Vinaigre Port-Cros, CC BY-SA 4.0
- Waielbi, Plongée sur la Gabinière, CC BY-SA 3.0
- Espirat, Plage d’argent, vue côté est, CC BY-SA 4.0



