La Grande Casse, sommet enneigé de la Vanoise à 3 855 mètres, au-dessus d'alpages verts en été
Parcs et réserves

Les 11 parcs nationaux de France : liste, carte et quand y aller

Onze parcs nationaux protègent aujourd’hui des glaciers des Alpes, des îles de Méditerranée, des forêts de feuillus du plateau de Langres, une partie de la forêt amazonienne et les cirques de La Réunion. Huit se trouvent dans l’Hexagone, trois en outre-mer. Ensemble, selon l’Office français de la biodiversité (OFB), ils couvrent 48 620 km² de terres, soit 8 % de la France hexagonale et des cinq départements d’outre-mer, auxquels s’ajoutent près de 4 000 km² de mer. Voici les onze, avec leurs dates, leurs superficies, la bonne saison pour chacun et les règles qui changent d’un parc à l’autre.

L’essentiel : la France compte 11 parcs nationaux, du plus ancien, la Vanoise (1963), au plus récent, le Parc national de forêts (2019). Chacun a un « cœur » très réglementé, où les chiens, le feu, la cueillette ou le bivouac obéissent à des règles propres, et une « aire d’adhésion » autour. Pour les parcs de montagne, la belle saison va en gros de juin à septembre ; pour l’outre-mer, visez la saison sèche.

Carte de la France et de ses départements d'outre-mer situant les onze parcs nationaux, les parcs naturels marins et les parcs naturels régionaux
Carte des espaces protégés français : les onze parcs nationaux, numérotés N01 à N11, à côté des parcs naturels marins et régionaux. Carte : historicair et Sémhur / Wikimedia Commons

La liste des 11 parcs nationaux de France en un tableau

Le principe des parcs nationaux est posé par la loi du 22 juillet 1960. Les deux premiers parcs, la Vanoise et Port-Cros, sont créés trois ans plus tard, en 1963. Le tableau suit l’ordre de création ; la superficie indiquée est celle du cœur, la zone protégée par une réglementation propre.

Parc nationalCréationCœur du parcOùQuand venir
Vanoise6 juillet 1963environ 530 km²Savoie (Tarentaise, Haute Maurienne)De juin à octobre
Port-Cros14 décembre 19631 671 ha de terres, 2 950 ha de merVar, îles de Port-Cros et PorquerollesToute l’année, en bateau depuis le continent
Pyrénées23 mars 196745 707 haHautes-Pyrénées et Pyrénées-AtlantiquesL’été et le début de l’automne en altitude
Cévennes1970937 km²Lozère et Gard, surtoutDe mai à octobre
Écrins27 mars 197391 800 haHautes-Alpes et IsèreDe la mi-juin à la mi-septembre
Mercantour18 août 1979679 km²Alpes-Maritimes et Alpes-de-Haute-ProvenceDe la fin juin à la fin septembre
Guadeloupe20 février 198918 800 ha de terres, 3 300 ha de merBasse-Terre et Grand Cul-de-Sac marinLe carême, de janvier à avril
Parc amazonien de Guyane27 février 2007environ 2 millions d’ha (3,4 millions avec l’aire d’adhésion)Sud de la GuyaneLa grande saison sèche, de juillet à novembre
La Réunion5 mars 2007105 384 ha, plus de 42 % de l’îleCentre de l’île : pitons, cirques et rempartsLa saison sèche, de mai à novembre
Calanques18 avril 20128 500 ha de terres, 43 500 ha de merMarseille, Cassis, La CiotatPrintemps et automne
Forêts6 novembre 201956 614 haCôte-d’Or et Haute-MarneToute l’année
Sources : sites et documents des onze parcs nationaux, OFB (Les parcs nationaux de France, chiffres clés, 2025), Météo-France pour les saisons d’outre-mer ; consultés en octobre 2026.

Le cumul des cœurs atteint 25 667 km², soit 4 % du territoire national, et, d’après l’OFB, plus de 60 % des espaces classés en protection forte en France. L’OFB recense plus de 10 millions de visiteurs par an dans les onze parcs, sur environ 10 000 km de sentiers balisés. Le bilan chiffré complet est sur la page les parcs nationaux de France de l’OFB.

Cœur, aire d’adhésion : ce qui change pour le visiteur

Un parc national n’est pas un enclos. Il se compose de deux parties. Le cœur est délimité par un décret, qui y fixe une réglementation propre : c’est là que s’appliquent les interdictions. Autour s’étend l’aire d’adhésion, formée des communes qui ont signé la charte du parc ; on y vit et on y travaille.

Les règles du cœur ne sont pas les mêmes partout, et c’est le chien qui pose le plus souvent problème. Il est interdit, même tenu en laisse, dans le cœur de la Vanoise, du Mercantour et des Pyrénées. Dans les Cévennes, il est admis en laisse. À Port-Cros, son accès est réglementé. Le bivouac suit la même logique : une nuit entre 19 h et 9 h le long des GR dans les Cévennes, seulement à côté de certains refuges et sur réservation en Vanoise. Partout, la cueillette, le feu, les drones et le dérangement de la faune sont encadrés. Avant de partir, lisez la page « réglementation » du parc visé : c’est elle qui fait foi, pas les habitudes prises ailleurs.

Les trois parcs des Alpes : Vanoise, Écrins, Mercantour

Parc national de la Vanoise, le premier

Le décret du 6 juillet 1963 crée le premier parc national français entre la Tarentaise et la Haute Maurienne, en Savoie. Le bouquetin y était alors réduit à une soixantaine de bêtes ; le massif en compte aujourd’hui environ 3 000. Le cœur couvre environ 530 km², culmine à la Grande Casse (3 855 m) et se parcourt sur 400 km de sentiers, avec une quarantaine de refuges. Il est accessible à pied de juin à octobre ; en hiver, les refuges restent ouverts, sans gardien. Pour les itinéraires, les lacs et les règles de bivouac, voyez notre page pour randonner dans la Vanoise et y voir les bouquetins.

La Grande Casse, sommet enneigé de la Vanoise à 3 855 mètres, au-dessus d'alpages verts en été
La Grande Casse, point culminant du Parc national de la Vanoise, en juillet. Photo : Ibex73 / Wikimedia Commons

Parc national des Écrins, la haute montagne

Créé le 27 mars 1973 entre les Hautes-Alpes et l’Isère, c’est le parc des alpinistes : la Barre des Écrins y atteint 4 102 m et les glaciers couvrent environ 7 200 ha, selon le parc. Le cœur s’étend sur 91 800 ha et compte plus de 700 km de sentiers. Le parc situe traditionnellement la saison de randonnée entre la mi-juin et la mi-septembre, mais un hiver très enneigé la décale : torrents gonflés, passerelles pas encore remontées. Pour aller plus loin, lisez notre page sur le massif des Écrins et ses glaciers.

Parc national du Mercantour, des Alpes à la Méditerranée

Créé le 18 août 1979, le Mercantour s’étend sur les Alpes-Maritimes et les Alpes-de-Haute-Provence, avec un cœur de 679 km² qui culmine à la cime du Gélas (3 143 m). Au nord-est, la crête le sépare du parc naturel italien des Alpi Marittime. On y vient pour la vallée des Merveilles et ses dizaines de milliers de gravures rupestres, pour les lacs d’altitude et pour une faune complète : chamois, bouquetin, gypaète, loup. La belle saison va de la fin juin à la fin septembre, quand les refuges sont gardés et que les visites guidées des gravures ont lieu. Les horaires, tarifs et sentiers sont réunis dans notre guide de la vallée des Merveilles et des lacs du Mercantour.

Pyrénées et Cévennes : la montagne autrement

Parc national des Pyrénées

Troisième parc français, créé par le décret du 23 mars 1967, il suit sur une centaine de kilomètres la crête frontière avec l’Espagne, de la vallée d’Aspe à la Neste d’Aure. Son cœur de 45 707 ha ne descend jamais sous 1 067 m et culmine à la Pique Longue du Vignemale (3 298 m) ; il touche quinze communes, six en Béarn et neuf en Bigorre, réparties en six vallées. Le cirque de Gavarnie, le pic du Midi d’Ossau et les lacs glaciaires en sont les sites les plus connus. Les chiens y sont interdits dans le cœur. Avant d’y monter, parcourez les six vallées du parc pyrénéen.

Panorama du cirque de Gavarnie, muraille rocheuse en arc de cercle au fond d'une vallée verte des Hautes-Pyrénées
Le cirque de Gavarnie, dans le cœur du Parc national des Pyrénées, en juillet. Photo : Guillaume Piolle / Wikimedia Commons

Parc national des Cévennes

Créé en 1970, c’est, selon le parc, le seul parc national de moyenne montagne de l’Hexagone, et l’un des rares dont le cœur abrite une population permanente importante. Le cœur couvre 937 km², sur le mont Lozère, l’Aigoual, le causse Méjean et les gorges du Tarn et de la Jonte. Il est réserve de biosphère depuis 1985, ses paysages agropastoraux sont inscrits au patrimoine mondial depuis 2011, et il est réserve internationale de ciel étoilé depuis 2018. Les vautours se voient toute l’année au-dessus de la Jonte ; le brame du cerf s’écoute sur l’Aigoual de la mi-septembre à la mi-octobre. Pour préparer la visite, lisez que voir dans les Cévennes et où y randonner.

Les deux parcs méditerranéens : Port-Cros et les Calanques

Parc national de Port-Cros

Créé par le décret du 14 décembre 1963, quelques mois après la Vanoise, c’est le premier parc marin français. Son cœur historique comprend l’île de Port-Cros et une bande de mer de 600 m autour de ses côtes ; depuis un décret de 2009, une partie de Porquerolles et ses eaux proches en font aussi partie. Au total, le cœur compte 1 671 ha de terres et 2 950 ha de mer. On n’y arrive qu’en bateau. Dans les eaux du parc, tout rejet est interdit, le mouillage est encadré et, autour de Port-Cros, la vitesse est limitée à 5 nœuds. Pour préparer la traversée, voyez comment visiter Port-Cros et Porquerolles.

Baie de Port-Man sur l'île de Port-Cros, eau claire au pied de collines couvertes de maquis
La baie de Port-Man, sur l’île de Port-Cros, en juillet. Photo : VT98Fan / Wikimedia Commons

Parc national des Calanques

Créé le 18 avril 2012 aux portes de Marseille, c’est un parc national à la fois terrestre, marin et périurbain : 8 500 ha de cœur terrestre, 43 500 ha de cœur marin, entre Marseille, Cassis et La Ciotat. Il reçoit chaque année deux à trois millions de visites. Deux contraintes à connaître : l’été, la calanque de Sugiton se visite sur réservation ; et du 1er juin au 30 septembre, les massifs peuvent être fermés pour risque d’incendie, à vérifier la veille. Le printemps et l’automne restent les meilleures saisons. Les temps de marche, bus et routes fermées sont dans notre guide sur l’accès aux calanques et les règles de l’été.

Parc national de forêts, le plus jeune

Créé par le décret du 6 novembre 2019 sur le plateau de Langres, entre la Côte-d’Or et la Haute-Marne, il protège des forêts de feuillus de plaine et les ressources en eau du plateau. Son cœur couvre 56 614 ha. Il comprend une réserve intégrale d’environ 3 086 ha, la forêt d’Arc-Châteauvillain, classée par décret en 2021, où la forêt évolue sans intervention humaine. Contrairement aux parcs de montagne, il se visite en toute saison. Pour une première visite, voyez notre présentation du parc national de forêts, entre Champagne et Bourgogne.

Les trois parcs d’outre-mer : Guadeloupe, Guyane, La Réunion

Ce sont les parcs les plus riches en espèces qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Sur les 2 384 espèces endémiques recensées en 2023 dans les onze parcs, près de 79 % l’ont été en Guyane, à La Réunion ou en Guadeloupe, selon l’OFB. Leur calendrier suit les saisons tropicales, décrites par Météo-France pour les climats d’outre-mer.

Parc national de la Guadeloupe

Créé par le décret du 20 février 1989, c’est le premier parc national d’outre-mer. Son cœur terrestre de 18 800 ha est centré sur le massif forestier de la Basse-Terre et le volcan de la Soufrière ; son cœur marin de 3 300 ha couvre des îlets et des côtes du Grand Cul-de-Sac marin. La Soufrière, la route de la Traversée et les chutes du Carbet en sont les sites phares. Venez de préférence pendant le carême, la saison sèche, de janvier à avril ; l’hivernage, de juin à novembre, est la saison humide.

Parc amazonien de Guyane

Créé le 27 février 2007, c’est le plus grand parc national français : 3,4 millions d’hectares, 40 % de la Guyane, dont environ 2 millions en cœur. Cinq communes, Camopi, Maripa-Soula, Papaïchton, Saül et Saint-Élie, y regroupent plus de 18 000 habitants. Le voyage se prépare : Saül n’est accessible qu’en avion, Maripa-Soula en avion ou en pirogue depuis Saint-Laurent-du-Maroni (de 12 heures à plusieurs jours selon la saison). Certains villages, en amont d’Elahé sur le Maroni ou de Camopi sur l’Oyapock, sont en zone d’accès réglementé et demandent une autorisation de la préfecture de Guyane. La grande saison sèche, de juillet à novembre, est la plus commode.

Parc national de La Réunion

Créé en mars 2007, c’est le neuvième parc national français, quelques jours après la Guyane. Son cœur couvre 105 384 ha, plus de 42 % de l’île, de la côte jusqu’au sommet du Piton des Neiges (3 071 m). Depuis le 1er août 2010, le parc gère le bien inscrit au patrimoine mondial « Pitons, cirques et remparts ». On y randonne dans les cirques de Mafate, de Cilaos et de Salazie et autour du Piton de la Fournaise. La saison sèche, de mai à novembre, se prête le mieux à la marche ; la saison des pluies se concentre entre janvier et mars.

Le cirque de Mafate à La Réunion vu depuis Aurère, avec le Piton des Calumets et une maison de l'îlet à Malheur
Le cirque de Mafate vu depuis Aurère, dans le cœur du Parc national de La Réunion, en juillet. Photo : Thouny / Wikimedia Commons

Quel parc national choisir selon la saison

Les onze parcs ne se visitent pas au même moment. En montagne, l’enneigement fixe la date d’ouverture des sentiers et des refuges ; en Méditerranée, c’est le risque d’incendie qui ferme les massifs en été ; outre-mer, la saison des pluies et les cyclones commandent le calendrier.

SaisonParcs à privilégierPourquoi
Hiver (décembre – mars)Guadeloupe, Forêts, CalanquesCarême en Guadeloupe à partir de janvier ; forêts de plaine accessibles en toute saison. En montagne, les refuges de la Vanoise restent ouverts, sans gardien
Printemps (avril – juin)Calanques, Port-Cros, Cévennes, Vanoise dès juinBonne saison méditerranéenne avant la chaleur ; floraisons des causses ; bouquetins descendus dans le bas des alpages en Vanoise
Été (juillet – août)Écrins, Vanoise, Mercantour, PyrénéesRefuges gardés, cols déneigés, visites guidées des gravures de la vallée des Merveilles ; en Méditerranée, vérifiez chaque jour l’accès aux massifs
Automne (septembre – novembre)Cévennes, Forêts, Calanques, La Réunion, GuyaneBrame du cerf sur l’Aigoual, couleurs des hêtraies ; saison sèche à La Réunion et en Guyane
Sources : sites des parcs nationaux de la Vanoise, des Cévennes, du Mercantour, des Écrins et des Calanques ; Météo-France pour l’outre-mer.

Deux règles valent partout. Restez sur les sentiers balisés et gardez vos distances avec la faune : un chamois ou un bouquetin qui fuit dépense des réserves dont il a besoin, surtout en hiver et au printemps. Et respectez les zones de quiétude signalées, notamment autour des sites de nidification des grands rapaces, comme le gypaète barbu dans les Alpes.

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