Sommaire
- Le parc en quelques chiffres
- Six vallées, six façons de découvrir le parc
- Le Béarn : Aspe et Ossau
- La Bigorre : Azun, Cauterets, Luz-Gavarnie et Aure
- Deux randonnées faciles pour commencer
- Le lac de Gaube, depuis le Pont d'Espagne
- Les Laquettes et le lac d'Aubert, dans le Néouvielle
- Quelle faune observer, et comment
- Les règles du cœur de parc
- Quand venir dans le Parc national des Pyrénées
- Préparer sa sortie
- Crédits photos
Une centaine de kilomètres de crêtes le long de la frontière espagnole, six vallées, des lacs d’altitude et des cirques taillés par les glaciers : c’est le Parc national des Pyrénées. Créé par décret le 23 mars 1967, c’est le troisième parc national du pays. On y entre librement, à pied, sans billet ; mais on y entre dans un espace où la règle change : pas de chien, pas de feu, pas de baignade, et un bivouac très encadré.
L’essentiel : choisissez d’abord une vallée, de la vallée d’Aspe à l’ouest à la vallée d’Aure à l’est ; commencez par une balade balisée comme le lac de Gaube (Cauterets) ou les Laquettes du Néouvielle ; laissez votre chien à la maison ; et passez par une maison du parc, ouverte toute l’année, pour connaître l’état des sentiers avant de partir.

Le parc en quelques chiffres
Le parc a deux parties. Le cœur, où s’applique la réglementation, couvre 45 707 hectares sur quinze communes, six en Béarn (Pyrénées-Atlantiques) et neuf en Bigorre (Hautes-Pyrénées). Il forme une bande étroite, large de 0,8 à 10 km, qui ne descend jamais sous 1 067 m d’altitude et culmine à la Pique Longue du Vignemale, 3 298 m. Autour, l’aire d’adhésion réunit les soixante-sept communes qui ont signé la charte du parc, sur 149 829 hectares : c’est là que se trouvent les villages, les routes et la plupart des hébergements.
Le parc gère aussi deux réserves naturelles : celle du Néouvielle (2 313 ha), en vallée d’Aure, et celle des vautours fauves d’Ossau (83 ha). Côté espagnol, le cœur touche le Parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu, créé en 1918. Ensemble, les deux versants autour du Mont-Perdu (3 348 m) sont inscrits depuis 1997 au patrimoine mondial de l’Unesco, sous le nom « Pyrénées-Mont Perdu », pour leurs paysages glaciaires et pour leur histoire pastorale. Pour situer ce parc parmi les onze parcs nationaux du pays, retenez qu’il est le seul entièrement pyrénéen et l’un des trois plus anciens.
Sur le terrain, vous savez que vous entrez dans le cœur grâce à de petits panneaux carrés : une tête d’isard rouge sur fond blanc. Les cornes de l’isard pointent vers le cœur du parc.
Six vallées, six façons de découvrir le parc
Le parc ne se visite pas d’un seul point : chaque vallée a sa route, ses villages et sa maison du parc. Pour passer de l’une à l’autre, on redescend souvent vers la plaine avant de remonter. Mieux vaut donc choisir une vallée, ou deux voisines, pour un séjour.
| Vallée (d’ouest en est) | Maison du parc | Ce qu’elle a de particulier | Pour une première visite |
|---|---|---|---|
| Vallée d’Aspe | Etsaut | Grandes forêts, « dernier bastion de l’ours » selon le parc | Le village de Lescun et ses aiguilles d’Ansabère |
| Vallée d’Ossau | Laruns | Vallée pastorale, réserve des vautours fauves d’Ossau | Le lac de Bious-Artigues, au pied du pic du Midi d’Ossau (2 884 m) |
| Val d’Azun | Arrens-Marsous (et point d’information du Plan d’Aste) | Dominé par le Balaïtous (3 144 m) | L’espace muséographique du Plan d’Aste |
| Vallée de Cauterets | Cauterets | Cascades, Pont d’Espagne classé Grand Site d’Occitanie | Le lac de Gaube, 2 h 30 aller-retour |
| Vallée de Luz-Gavarnie | Luz-Saint-Sauveur | Les cirques de Gavarnie, Estaubé, Troumouse et Barroude, patrimoine mondial | Le cirque de Gavarnie et sa grande cascade |
| Vallée d’Aure | Saint-Lary-Soulan | Réserve du Néouvielle, les plus hautes forêts de pins à crochets d’Europe selon le parc | Le sentier des Laquettes, 3 h 30 aller-retour |
Les maisons du parc renseignent sur les randonnées, les refuges, la faune et la réglementation, avec cartes et brochures ; elles proposent aussi des expositions et des animations. Le parc les annonce ouvertes toute l’année, mais ne publie pas d’horaires communs : appelez avant de faire un détour, surtout hors saison. S’y ajoutent une maison du parc à Tarbes et un point d’information au Plan d’Aste, en val d’Azun.
Le Béarn : Aspe et Ossau
À l’ouest, le parc est plus boisé et plus sauvage. La vallée d’Aspe, avec ses grandes forêts, est décrite par le parc comme le « dernier bastion de l’ours ». La vallée d’Ossau est dominée par la silhouette du pic du Midi d’Ossau, à 2 884 m, que l’on reconnaît de loin à sa double pointe. Le lac de Bious-Artigues, au-dessus de Gabas, sert de départ aux randonnées vers les lacs d’Ayous.

La Bigorre : Azun, Cauterets, Luz-Gavarnie et Aure
À l’est, en Hautes-Pyrénées, les sommets dépassent souvent 3 000 m. Le val d’Azun, plus discret, est surveillé par le Balaïtous. La vallée de Cauterets mène au Pont d’Espagne et au lac de Gaube, un site très fréquenté en été. Plus à l’est, la vallée de Luz-Gavarnie concentre les grands cirques : si vous ne pouvez en voir qu’un, lisez notre guide pour randonner au cirque de Gavarnie. La vallée d’Aure, enfin, donne accès au massif du Néouvielle et à son chapelet de lacs, parmi les plus beaux lacs d’altitude creusés par les glaciers pyrénéens.
Deux randonnées faciles pour commencer
Pour une première visite, deux balades balisées, décrites sur les fiches randonnée du département des Hautes-Pyrénées (Geotrek), donnent une bonne idée du cœur de parc sans expérience de la haute montagne.
| Itinéraire | Départ | Distance et durée (aller-retour) | Dénivelé | À savoir |
|---|---|---|---|---|
| Lac de Gaube (vallée de Cauterets) | Parking du Puntas, Pont d’Espagne (1 460 m), stationnement payant | 4,9 km, 2 h 30 | +259 m, lac à 1 730 m | Marches rocheuses, bonnes chaussures ; déconseillé en hiver et au début du printemps (avalanches) |
| Sentier des Laquettes (vallée d’Aure, Néouvielle) | Parking du lac d’Orédon (1 850 m), stationnement payant, accès réglementé de mi-juin à mi-septembre | 7,7 km, 3 h 30 | +337 m, lac d’Aubert à 2 145 m | Navette payante de mi-juin à mi-septembre ; réserve naturelle : chiens et baignade interdits |
Le lac de Gaube, depuis le Pont d’Espagne
Du fond du parking du Puntas, on passe sous l’arche du bâtiment d’accueil, puis on suit la route goudronnée jusqu’au départ du sentier, balisé en rouge et blanc (GR). Le chemin monte d’abord assez fort en lacets dans la forêt, puis s’adoucit sous les grands sapins et les pins sylvestres, laisse le petit lac des Huats en contrebas, et débouche sur le lac de Gaube, derrière un verrou de roches polies par l’ancien glacier. Au fond, les glaciers suspendus du Vignemale. Retour par le même chemin.
Pour venir sans voiture : train jusqu’à Lourdes, bus n° 965 jusqu’à Cauterets, puis navette jusqu’au Pont d’Espagne en haute saison. Des remontées mécaniques (télécabine puis télésiège) permettent aussi d’atteindre le lac avec une quinzaine de minutes de marche à plat ; vérifiez leurs dates d’ouverture auprès de l’office de la montagne de Cauterets, car elles ne tournent pas toute l’année.
Les Laquettes et le lac d’Aubert, dans le Néouvielle
Le sentier part près du point d’information du parking d’Orédon, longe le lac, entre dans une forêt de pins à crochets, puis traverse les Laquettes, petits lacs peu profonds étagés vers 2 080 m, avant d’atteindre le lac d’Aubert. Comptez environ une heure jusqu’à la première Laquette, puis 30 à 45 minutes jusqu’au lac d’Aubert. Le lac d’Aumar, voisin, n’est qu’à un quart d’heure de marche de plus. Les rochers forment des marches inégales : avec de jeunes enfants, prenez votre temps.
La route des lacs, qui monte depuis le hameau de Fabian, est fermée en hiver ; en été, la montée en voiture est réglementée et une navette payante relie Orédon au lac d’Aubert. Une fiche du département signale des travaux au barrage d’Orédon en 2026, avec une circulation modulée : renseignez-vous auprès de l’office de tourisme de Saint-Lary avant de partir.

Quelle faune observer, et comment
Le parc abrite toute la grande faune pyrénéenne, des vautours au desman des Pyrénées, petit mammifère aquatique à long museau, très discret.
| Espèce | Effectif publié par le parc | Où et quand la chercher |
|---|---|---|
| Isard | Quelque 4 000 dans le parc | Éboulis et pelouses au-dessus de la forêt ; tôt le matin en été ; rut de la mi-novembre au début décembre ; il descend en forêt l’hiver |
| Marmotte | Présente dans toutes les vallées (réintroduite dès 1948 en vallée de Luz) | Versants ensoleillés près des éboulis, de 800 à plus de 2 600 m ; elle hiberne d’octobre à mars |
| Vautour fauve | 482 couples dans le parc, près de 1 500 dans les Pyrénées françaises | En cercles au-dessus des crêtes ; colonie protégée par la réserve d’Ossau |
| Gypaète barbu | 14 couples en 2020 (3 à 4 dans les années 1950) | Envergure jusqu’à 3 m ; ponte souvent début janvier, envol du jeune vers la mi-juillet |
| Bouquetin ibérique | Environ 500 en 2024 | Réintroduit depuis juillet 2014 (animaux venus de la Sierra de Guadarrama) ; pentes rocheuses ensoleillées, sur les crêtes l’été |
| Ours brun | Au moins 86 dans toute la chaîne en 2023, une dizaine dans le parc | À ne jamais chercher (voir ci-dessous) |
L’isard est le plus facile à voir. Le parc recommande de l’observer à distance, aux jumelles, et d’éviter de le déranger en hiver, la saison la plus dure pour lui. Le bouquetin, disparu du versant français en 1910 dans la vallée de Cauterets, est revenu grâce aux lâchers commencés en 2014 ; il est peu farouche quand il ne se sent pas menacé, ce qui n’autorise pas à s’en approcher. Si les ongulés de montagne vous passionnent, comparez avec les autres massifs : voici les meilleurs sites pour voir bouquetins et chamois en France.
Pour l’ours, la consigne du parc est sans ambiguïté : ne cherchez jamais à le voir. En cas de rencontre fortuite, signalez-vous par du bruit, en parlant ou en sifflant, et repartez par où vous êtes venu.
Les règles du cœur de parc
Le cœur est ouvert à tous, mais la plupart des activités qui pourraient abîmer le milieu y sont interdites ou soumises à autorisation.
- Chiens : interdits dans le cœur, même tenus en laisse. Prévoyez de les faire garder pendant la randonnée. Seule exception signalée par la fiche du lac de Gaube : une tolérance pour les chiens en laisse qui montent par le télésiège de Gaube.
- Bivouac : autorisé seulement entre 19 h et 9 h, à plus d’une heure de marche d’un accès routier ou des limites du cœur ; la tente doit être entièrement démontée à 9 h. Le camping et les camping-cars sont interdits la nuit.
- Baignade : interdite dans les lacs et les « laquets », comme la randonnée aquatique dans les torrents ; le canyonisme et le canoë-kayak sont réglementés.
- Feu, cueillette, déchets, bruit : pas de feu, pas de cueillette ni de prélèvement (fleurs, roches), redescendez tous vos déchets, et ne dérangez ni la faune ni les autres visiteurs. Les fiches randonnée demandent aussi de ne pas empiler de cairns.
- Vélo et véhicules : le VTT est interdit hors des deux pistes autorisées (pistes de ski de fond du Brousset en vallée d’Ossau et du Somport en vallée d’Aspe) ; 4×4 et moto-trial sont interdits.
- Chasse et survol : la chasse et le port d’arme sont interdits, tous les animaux étant protégés ; le survol motorisé à moins de 1 000 m demande une autorisation. Pour un drone, renseignez-vous auprès du parc avant tout décollage.
Le détail de chaque règle, et les demandes d’autorisation, sont sur la page réglementation du Parc national des Pyrénées. La randonnée, l’escalade, la spéléologie, le ski de randonnée et la raquette restent libres.
Quand venir dans le Parc national des Pyrénées
La belle saison de randonnée va, selon l’enneigement, de la fin du printemps au début de l’automne. Mais chaque saison a son intérêt, à condition d’adapter le programme.
| Période | Ce qui change sur le terrain | Ce qu’on peut observer |
|---|---|---|
| Hiver (décembre à mars) | Routes d’altitude fermées (route des lacs du Néouvielle depuis Fabian) ; sentiers comme celui du lac de Gaube déconseillés à cause des avalanches ; ski de randonnée et raquette autorisés dans le cœur | Isards descendus en forêt, à ne pas déranger ; gypaètes au nid (ponte souvent début janvier) ; marmottes en hibernation |
| Printemps | Neige tardive en altitude : se renseigner sur l’état des sentiers | Bouquetins encore bas sur les pentes qui déneigent ; réveil des marmottes à la fin de l’hiver |
| Été (mi-juin à mi-septembre) | Navettes vers le Pont d’Espagne et le lac d’Aubert, parkings réglementés, sites très fréquentés en journée | Marmottes actives ; envol des jeunes gypaètes vers la mi-juillet ; bouquetins sur les crêtes |
| Automne (octobre et novembre) | Moins de monde, premières neiges possibles en altitude ; navettes d’été arrêtées | Rut des isards de la mi-novembre au début décembre ; dernières marmottes avant l’hibernation en octobre |
Fin octobre, le parc offre ses lumières les plus franches, mais les journées sont courtes et la neige peut déjà blanchir les sommets. Choisissez alors les balades de fond de vallée ou de moyenne altitude, partez tôt, prenez des vêtements chauds et regardez la météo de montagne la veille.
Préparer sa sortie
- Accès : gares de Pau, Oloron, Tarbes, Lourdes et Lannemezan, puis cars vers les vallées ; aéroports de Tarbes-Lourdes-Pyrénées et de Pau-Pyrénées.
- Équipement : chaussures à semelle crantée, au moins un litre et demi d’eau par personne, vêtements chauds et imperméables même en été, protection solaire, jumelles.
- Avant de partir : passez à la maison du parc ou à l’office de la montagne de la vallée : ils connaissent l’état des sentiers et des routes du jour.
Crédits photos
- Photo : Tsarabanjina, Lac de Gaube et Vignemale, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
- Photo : Emmanuel Douzery, Lac de Bious Artigues-Ayous-Laruns, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
- Photo : Ppo, Pic du Néouvielle et lac d’Aumar, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
- Photo : Kitty Terwolbeck, Isards vers le Lac Bleu d’Ilhéou 1, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.



