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Les plus belles forêts de France en automne : 9 balades en couleurs

Fin octobre, les hêtres virent au cuivre, les chênes au roux, et en montagne les mélèzes passent au jaune d’or avant de perdre leurs aiguilles. Le spectacle ne dure que quelques semaines, et il ne se joue pas partout en même temps. Voici neuf forêts réparties du Pays basque à l’Oise, choisies pour leurs couleurs d’automne, avec pour chacune la fenêtre à viser, une balade balisée et ce que l’on y voit.

L’essentiel : en plaine, les hêtres commencent à jaunir en moyenne autour du 18 octobre et les chênes cinq à six jours plus tard ; la fin octobre et la première quinzaine de novembre sont donc les semaines à viser. En montagne, commencez par les mélèzes, qui se colorent dès le début d’octobre. Vérifiez les jours de chasse, et à Iraty, prévoyez l’équipement hiver dès le 1er novembre.

Quand partir : le calendrier des couleurs

L’Office national des forêts (ONF) suit depuis 1997 la vie des arbres sur un réseau de placettes, le réseau RENECOFOR. Sur la période 1997-2013, le jaunissement apparaît en moyenne le 18 octobre chez le hêtre, le 23 octobre chez le chêne pédonculé et le 24 octobre chez le chêne sessile. Les mêmes observations montrent qu’il est retardé d’environ cinq jours par degré de plus en automne : après un mois d’octobre doux, les couleurs arrivent plus tard.

En altitude, la saison est plus courte : 149 jours de végétation pour les hêtres du Vercors, contre 192 en moyenne sur l’ensemble du réseau. Les mélèzes ouvrent la saison : dans le Briançonnais, l’office de tourisme des Hautes Vallées indique que leurs couleurs « apparaissent progressivement entre le début et la mi-octobre », selon l’altitude et la météo. Pourquoi ces teintes ? Quand les jours raccourcissent, la chlorophylle verte disparaît et laisse voir le carotène (orange) et la xanthophylle (jaune) ; certaines essences fabriquent en plus des pigments rouges. Selon l’ONF, l’intensité dépend de l’essence, de la température, de la santé de l’arbre et de l’acidité du sol.

ForêtDépartementArbres qui font la couleurFenêtre à viser (repère)Balade proposée
IratyPyrénées-AtlantiquesHêtreMi-octobre à début novembreZurzai, 8 km
BoscodonHautes-AlpesMélèze parmi les sapinsOctobre, plus tôt en altitudeBelvédère du Colombier, 5,7 km
Grande ChartreuseIsèreHêtre parmi sapins et épicéasMi-octobre à début novembreBoucle du monastère, 11,3 km
AigoualGardHêtreMi-octobre à début novembreSentier de la Hêtraie, 3 km
CompiègneOiseHêtre, chêne, charmeFin octobre à mi-novembrePoints de vue des Beaux-Monts, 4,2 km
VerzyMarneHêtre tortillardFin octobre à mi-novembreBalade des Faux, 3 km
LyonsEure et Seine-MaritimeHêtreFin octobre à mi-novembreSentier de la Fontaineresse, 6,5 km
BercéSartheChêne sessileFin octobre à mi-novembreFutaie des Clos et sentier du Vivier
HuelgoatFinistèreChêne et hêtreFin octobre à mi-novembreCircuit découverte, 8,9 km
Fenêtres indicatives déduites des dates moyennes de jaunissement du réseau RENECOFOR (ONF) et des observations de l’office de tourisme des Hautes Vallées pour les mélèzes. Elles varient chaque année avec la météo.

Nous ne reprenons pas ici trois forêts qui auront chacune leur article : la forêt de Fontainebleau, la forêt de Bon-Secours, à la frontière belge, et la forêt de Tronçais et ses chênes, dans l’Allier.

Sous-bois de la forêt de Bercé en automne, feuillage orangé, sol couvert de feuilles mortes et de fougères rousses, soleil bas entre les troncs
La forêt de Bercé à la mi-novembre : feuilles au sol, fougères rousses et dernières couleurs dans les cimes. Photo : Romain Perrot, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

En montagne : hêtraies d’altitude et mélèzes

Forêt d’Iraty (Pyrénées-Atlantiques) : la grande hêtraie basque

Où : sur le plateau d’Iraty, entre Larrau et Saint-Jean-le-Vieux, à cheval sur la frontière espagnole. L’agence d’attractivité du département la présente comme « la plus grande hêtraie d’Europe », sur environ 17 000 hectares. Quand : de la mi-octobre au début de novembre ; selon l’agence d’attractivité du département, le brame du cerf et la grande migration d’oiseaux au col d’Organbidexka accompagnent alors le changement de couleurs.

La balade : la boucle de Zurzai part du chalet de Cize, sur la commune de Mendive : 8 km, 313 m de dénivelé, environ 2 h 45, balisage jaune, niveau facile. On y accède par la D18 depuis Saint-Jean-le-Vieux, via Ahaxe, Lecumberry et Mendive (22 km de route de montagne). Le parcours passe par des tourbières à droseras, de petites plantes carnivores, et par des cromlechs, cercles de pierres funéraires de l’âge du fer (800 à 300 avant J.-C.) ; sa seconde moitié traverse la hêtraie, où les arbres atteignent 30 mètres.

Forêt de Boscodon (Hautes-Alpes) : mélèzes au-dessus de Serre-Ponçon

Où : sur la commune de Crots, entre Embrun et Savines-le-Lac. La forêt domaniale couvre près de 900 hectares, en ubac, entre environ 1 000 et 2 400 mètres. Le sapin domine (51 % de la surface boisée), mais le mélèze, deuxième essence avec 18 %, l’éclaire de jaune à l’automne : c’est le seul conifère d’Europe qui perd ses aiguilles, dans des teintes allant « du jaune au brun en passant par le rouge », écrit l’ONF. Les moines de l’abbaye de Boscodon l’ont gérée pendant 650 ans. Quand : octobre, plus tôt sur les hauteurs.

La balade : le belvédère du Colombier, une boucle de 5,7 km et 288 m de dénivelé au départ du parking de l’abbaye, entre 1 157 et 1 426 m d’altitude, classée facile par l’office de tourisme de Serre-Ponçon. Elle monte en lacets dans la forêt jusqu’au belvédère, qui ouvre sur la vallée de la Durance et les sommets du parc national des Écrins. Les marcheurs aguerris choisiront le sentier des Pyramides du parc national : 12 km, 722 m de dénivelé, 5 h 30, au départ du parking de la Fontaine de l’Ours, au bout de 5 km de route goudronnée fermée en hiver.

Mélèzes jaune d'or au bord d'un torrent dans la haute vallée de la Clarée, chalets de pierre et sommets rocheux sous un ciel bleu
Mélèzes dorés dans la vallée de la Clarée, près de Névache, un 13 octobre. Photo : MOSSOT, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons

Plus au nord, autour de Briançon, l’office de tourisme des Hautes Vallées cite la haute vallée de la Clarée, la vallée Étroite, le bois des Ayes et le col de l’Izoard parmi les meilleurs mélézins d’octobre.

Forêt de la Grande Chartreuse (Isère) : le hêtre dans la sapinière

Où : autour de Saint-Pierre-de-Chartreuse. La forêt domaniale, près de 8 500 hectares, est surtout résineuse (sapin 44 %, épicéa 30 %), mais le hêtre (15 %) et les autres feuillus (10 %) dessinent à l’automne des taches dorées sur le vert sombre des pentes. Elle a reçu en 2015 le label Forêt d’Exception, le troisième attribué en France. Quand : de la mi-octobre au début de novembre.

La balade : la boucle du monastère de la Grande Chartreuse, au départ du parking des randonneurs de Saint-Pierre-de-Chartreuse : 11,3 km, 778 m de dénivelé, 4 heures, entre 816 et 1 420 m, en partie sur le GR 9. L’office de tourisme la décrit comme une randonnée « contemplative » dans la zone de silence du Désert de Chartreuse. Le monastère ne se visite pas ; le musée de la Correrie, lui, est ouvert jusqu’au 11 novembre 2026, de 14 h à 18 h, sauf le jeudi. Les chiens sont interdits sur cet itinéraire jusqu’au 31 octobre, même en laisse.

Massif de l’Aigoual (Gard) : la hêtraie des Cévennes

Où : sur le mont Aigoual, au-dessus de Valleraugue et de L’Espérou. La forêt domaniale couvre 11 452 hectares, dont 9 317 dans le cœur du parc national des Cévennes, l’un des onze parcs nationaux de France. Le hêtre y est la première essence, avec 42 % de la surface boisée ; il pousse surtout au-dessus de 1 000 mètres et occupe le massif depuis plus de 4 000 ans. Quand : de la mi-octobre au début de novembre.

La balade : le sentier de découverte de la Hêtraie part du col de Montals, sur la D 548 : 3 km, 110 m de dénivelé, 1 h 30, balisage jaune, niveau facile. Pour prolonger, l’arboretum de l’Hort de Dieu, planté entre 1885 et 1903, se parcourt en 3 km depuis son parking (110 m de dénivelé, 2 heures) ou en 4,7 km depuis l’observatoire du sommet (285 m, 3 h 30), un sentier escarpé qui demande de bonnes chaussures. L’observatoire est la dernière station météo de montagne habitée en France. Attention : la route du col de Montals est fermée en hiver.

En plaine : les hêtraies et chênaies de l’Ouest et du Nord

Forêt de Compiègne (Oise) : les Beaux-Monts

Où : à 80 km au nord de Paris, 14 357 hectares de forêt domaniale où dominent le hêtre, le chêne et le charme. Quand : de la fin octobre à la mi-novembre ; en septembre et octobre, le brame du cerf s’ajoute au décor.

La balade : les points de vue des Beaux-Monts, 4,2 km au départ du parking du Tréan, à Compiègne : 1 h 30, 134 m de montée, niveau moyen. L’itinéraire rejoint le belvédère des Beaux-Monts, d’où une allée de plusieurs kilomètres, tracée entre 1810 et 1853, file vers le château. Les Beaux-Monts abritent aussi une réserve biologique d’une centaine d’hectares, avec des hêtres et des chênes de 400 ans. Les étangs de Saint-Pierre, à Vieux-Moulin, complètent la journée.

Grand chêne au tronc droit et nu dominant des feuillus jaunes et roux, panneau d'information à son pied
Le chêne de l’étang de Sainte-Périne, en forêt de Compiègne, début novembre. Photo : Gaël Charpentier, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Faux de Verzy (Marne) : les hêtres tortillards

Où : dans la montagne de Reims, entre Verzy et Louvois. Les « faux » sont des hêtres aux branches tordues et retombantes ; le parc naturel régional en compte près de 800 sur le massif, et la réserve biologique de 57 hectares en abrite plus de 90 %. Quand : de la fin octobre à la mi-novembre. L’ONF le dit sans détour : leur « surprenante architecture » se dévoile totalement à l’automne, quand les feuilles tombent.

La balade : la balade des Faux de l’ONF, au départ du parking des Faux sur la RD 34 : 3 km, 1 h 30 de marche lente, sans fort dénivelé, avec une cinquantaine de faux le long du parcours. Elle porte le label Tourisme & Handicap pour les quatre types de handicap. Restez sur le sentier : ces arbres sont rares et fragiles.

Branches noires tordues en zigzag d'un hêtre tortillard, sous un feuillage vert qui commence à jaunir
Le fau de Saint-Basle, à Verzy, le 23 octobre : les branches en zigzag se lisent mieux à mesure que les feuilles jaunissent. Photo : Vassil, CC0, via Wikimedia Commons

Forêt de Lyons (Eure et Seine-Maritime) : la hêtraie-cathédrale

Où : autour de Lyons-la-Forêt, à l’est de Rouen. Le massif couvre environ 10 700 hectares et le hêtre y représente 58 % des arbres ; l’administration forestière l’a replanté en hêtres à partir de 1826, d’où ces grandes futaies aux troncs lisses. Quand : de la fin octobre à la mi-novembre.

La balade : le sentier de la Fontaineresse, 6,5 km, part du village de Lyons-la-Forêt, ses halles et ses maisons à pans de bois des XVIIe et XVIIIe siècles, puis s’enfonce dans la hêtraie domaniale. Renseignements à l’office de tourisme au 02 32 49 31 65.

Forêt de Bercé (Sarthe) : la futaie des Clos

Où : à une trentaine de kilomètres au sud-est du Mans, près de Jupilles. La forêt domaniale couvre 5 375 hectares, dont 3 000 de chênes. Quand : de la fin octobre à la mi-novembre ; le chêne jaunit un peu plus tard que le hêtre.

La balade : commencez par la futaie des Clos, 8 hectares de chênes sessiles protégés depuis 1911. Une étude publiée en 2003 dans la Revue forestière française leur donnait un âge moyen de 311 ans et une hauteur de 45 mètres en 2001 ; un court sentier aménagé, d’environ 500 mètres, circule entre les troncs. Enchaînez avec le sentier du Vivier, une boucle d’environ 2 h 30 entre bocage et forêt. La forêt compte 280 km de circuits balisés.

Forêt de Huelgoat (Finistère) : chaos de granit et feuillus

Où : au cœur des monts d’Arrée, 1 170 hectares, la plus grande surface boisée du Finistère. Les feuillus, surtout le chêne et le hêtre, en couvrent un peu plus de la moitié ; leur roux tranche sur les blocs de granit couverts de mousse. Quand : de la fin octobre à la mi-novembre.

La balade : la forêt compte plus de 30 km de sentiers, dont un circuit découverte de 8,9 km. L’ONF y signale la Roche tremblante, un bloc de plus de 100 tonnes qui oscille, la grotte d’Artus, la Mare aux sangliers, le Gouffre et le camp d’Artus, une enceinte fortifiée gauloise. Pour une version plus courte, le circuit archéologique Kreizhy Archeo fait 6 km au départ du parking de l’Arquellen. Plus à l’est, en Ille-et-Vilaine, la forêt de Brocéliande et ses légendes prend les mêmes couleurs à la même période.

Torrent en cascades entre des rochers moussus, sous des branches nues et du lierre, dans la forêt de Huelgoat
La rivière d’Argent dans la forêt de Huelgoat, début octobre. Photo : Lastennet Pierre, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Préparer sa sortie d’automne

  • Chasse : la saison bat son plein. À Bercé, Sarthe Tourisme recommande d’éviter la forêt les lundis et jeudis, de la fin septembre à la fin février ; pour de nombreuses forêts domaniales, comme Compiègne, l’ONF publie les jours chassés sur son site.
  • Routes de montagne : à Iraty, pneus hiver ou chaînes sont obligatoires du 1er novembre au 31 mars. La route du col de Montals, à l’Aigoual, et celle de la Fontaine de l’Ours, à Boscodon, ferment en hiver.
  • Lumière : les couleurs ressortent mieux par soleil bas, en matinée ou en fin d’après-midi. Après le changement d’heure du dimanche 25 octobre 2026, les journées raccourcissent d’un coup : partez tôt.

Si vous ne deviez en choisir qu’une pour la fin octobre, prenez une hêtraie de plaine, Lyons, Compiègne ou Verzy, au lendemain d’une nuit fraîche et par une matinée claire. Pour les mélèzes, n’attendez pas novembre.