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Forêt de Fontainebleau : balades, sites et faune

Forêt de Fontainebleau : balades, sites à voir et faune

À une heure de Paris, le massif de Fontainebleau mêle chaos de grès, platières nues, sable blanc et futaies de chênes et de hêtres. C’est aussi la forêt où sont nés les premiers sentiers balisés au monde. Cet automne, elle se visite pourtant autrement : en juillet 2026, les incendies ont parcouru près de 2 000 hectares, et plusieurs sites parmi les plus connus restent fermés. Voici où marcher et quoi voir.

L’essentiel : environ 90 % du massif est de nouveau ouvert depuis le 1er septembre 2026, mais les secteurs brûlés (Trois Pignons, Faisanderie, une partie d’Apremont) restent interdits. Avant de partir, consultez la carte de l’ONF. Les gorges de Franchard s’explorent depuis le parking de Franchard, resté ouvert. Le train R vous dépose à Fontainebleau-Avon en 40 à 45 minutes depuis la gare de Lyon. Pour le brame, restez sur les chemins et laissez la lampe éteinte.

Rochers de grès au milieu de bouleaux et de chênes aux feuillages orangés, sous un ciel d'automne
Le massif de Fontainebleau à l’automne : bouleaux dorés, landes et chaos de grès. Photo : Patrick Giraud, CC BY-SA 1.0, via Wikimedia Commons

Automne 2026 : ce qui est ouvert, ce qui reste fermé après les incendies

Deux feux ont touché le massif cet été : le 12 juillet en forêt domaniale des Trois Pignons, le 13 juillet dans le secteur de la Faisanderie, à l’ouest de Fontainebleau. L’ONF a déclaré leur extinction le 29 août. Bilan : 1 960 hectares brûlés sur environ 22 500. Le massif, fermé en totalité pendant plusieurs semaines, a rouvert à 80 % le 22 août. Depuis le 1er septembre, près de 20 000 hectares sont de nouveau accessibles.

Les zones interdites sont signalées par des ganivelles, des barrières et des panneaux. N’y entrez pas, même si les arbres semblent intacts : un arbre dont les racines ont chauffé peut tomber des mois après le feu. Le tableau ci-dessous reprend l’état publié par les Amis de la forêt de Fontainebleau (AFF) à partir des informations de l’ONF, au moment de la réouverture du 22 août. Ces fermetures évoluent : vérifiez toujours la carte des secteurs ouverts et fermés de l’ONF, mise à jour par secteur.

SecteurOuvertFermé (état au 22 août 2026)
FranchardParkings de Franchard et de l’Arboretum ; sentier bleu n° 7 côté FranchardParking des Gorges de Franchard ; sentier bleu n° 7 côté Gorge du Houx ; sentier bleu n° 8 (Long Boyau, Mont Aigu) ; GR 11 dévié entre la Faisanderie et Franchard
Faisanderie—Parking (fermeture temporaire), sentier PMR de la Faisanderie, sentier jaune des Carriers
ApremontUne grande partie des rochers et des gorgesParking de la platière d’Apremont, sentier de l’érosion
Trois PignonsParkings de la Boulignière, des Gorges à Véron et de ChanfroyParkings de la Roche aux Sabots, du Rocher Cailleau, de Bois Rond, de la Haute Borne, de la Croix Saint-Jérôme et d’autres ; sentier des 25 Bosses, sentier bleu n° 16, sentier de l’Art rupestre ; site du Cul de Chien
Sources : ONF (carte et point du 16 septembre 2026), Amis de la forêt de Fontainebleau (questions-réponses d’août 2026).

Les gorges de Franchard : la balade la plus complète

Franchard résume Fontainebleau : platière de grès, chaos rocheux, pins sylvestres, landes et hautes futaies de chênes. Le meilleur point de départ cet automne est le parking de Franchard, près de l’ancien ermitage, qui est resté ouvert. Le sentier jaune des AFF « Gorges de Franchard » y forme une boucle de 3,5 km. Comptez 2 à 3 heures, avec plusieurs arrêts.

En chemin :

  • Le chêne George Sand, arbre remarquable : l’écrivaine se promenait à Franchard, notamment avec Musset en 1833.
  • L’ermitage de Franchard : fondé au XIIe siècle, en grande partie détruit pendant la guerre de Cent Ans, reconstruit en 1676, puis abandonné sur ordre royal en 1717. Une maison forestière occupe aujourd’hui ses vestiges.
  • La Roche qui pleure : un rocher en surplomb marqué d’une étoile bleue, le signe de Denecourt pour une curiosité. L’eau qui en suintait, censée soigner les yeux des enfants, ne coule plus.
  • L’Œil des Nations, monument de 1998 qui rappelle la fondation de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à Fontainebleau, en 1948.

Sur la platière, attention aux failles entre les blocs, et aux dalles très glissantes par temps humide. Pour une boucle plus longue, le sentier bleu n° 7 part aussi de Franchard. Il est ouvert, mais sa partie vers la Gorge du Houx est fermée, car cette zone a brûlé.

Gros rocher de grès en surplomb, bordé d'une barrière en bois, avec des pins sylvestres sous un ciel bleu
La Roche qui pleure, dans les gorges de Franchard. Photo : Rémih, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Les gorges d’Apremont et les platières

À Fontainebleau, les gorges sont sèches : aucune rivière n’y coule. Elles ont été creusées par des courants il y a plusieurs millions d’années. Jusqu’au début du XXe siècle, Apremont était une étendue de sable et de rochers presque nue, d’où son autre nom de « Désert d’Apremont ». Aujourd’hui, la mousse, les fougères et les pins ont recouvert les blocs.

Les platières sont les plateaux de grès qui dominent les gorges : de grandes dalles plates où la pluie forme des mares. Avec leurs landes et leurs mares, elles abritent une flore et une faune rares, mais souffrent du piétinement.

C’est pour lutter contre cette érosion que l’ONF a posé l’escalier de 149 marches qui descend dans les gorges d’Apremont. C’est le passage phare du sentier de l’érosion (2 km, très facile, environ 1 h 15), qui part du parking des Gorges d’Apremont, entre Barbizon et Fontainebleau. Mais ce sentier figurait parmi les itinéraires fermés lors de la réouverture d’août, comme le parking de la platière d’Apremont. Plusieurs secteurs d’escalade d’Apremont restaient eux aussi interdits début septembre. Vérifiez la carte « Apremont-Barbizon » de l’ONF avant de venir.

Dalles de grès arrondies et grises au premier plan, arbres aux feuilles rousses et pins à l'arrière-plan
La platière d’Apremont en novembre : un grès sculpté par l’érosion. Photo : Yann Gwilhoù, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Les sentiers bleus Denecourt-Colinet

À partir de 1842, un ancien soldat, Claude-François Denecourt, trace dans la forêt des promenades qu’il balise de grandes flèches bleues pour que les visiteurs ne se perdent pas. Ce sont les premiers sentiers balisés au monde. À sa mort, en 1875, ils couvrent 150 km. Son disciple Charles Colinet prend le relais de 1875 à 1905, puis sa veuve Maria Colinet jusqu’en 1921 : plus de 100 km de sentiers s’y ajoutent. On lui doit aussi la tour Denecourt, d’abord appelée « Fort de l’Empereur ».

Les Amis de la forêt de Fontainebleau entretiennent aujourd’hui ces sentiers. Avec l’ONF, ils en ont revu le balisage en 2024 pour le rendre plus lisible :

Marque sur l’arbre ou le rocherCe qu’elle signifie
Trait bleu avec un numéro (1, 2, 3…)Boucle d’un sentier bleu
Trait bleu avec un point blanc au centreLiaison entre deux boucles, ou vers une ville ou une gare
Numéros « 2-3 » ou « 6/7 »Liaison entre deux sentiers, ou tronçon commun à deux boucles
Étoile bleue sur un rocherCuriosité naturelle signalée par Denecourt (par exemple la Roche qui pleure)
Rond bleu sur un troncArbre remarquable
Sources : Fédération française de la randonnée (nouveau balisage, 25 septembre 2024), AFF (livret du sentier des gorges de Franchard, 2024).

Les boucles se raccordent entre elles et aux gares. Cet automne, les sentiers bleus n° 8 et n° 16 sont fermés, et le n° 7 l’est en partie.

La « mer de sable » des Trois Pignons

Au nord-ouest du massif, près de Noisy-sur-École, les sables du Cul du Chien forment une vaste étendue de sable blanc et fin, piquetée de blocs de grès, dont le célèbre « bilboquet ». Ce sable vient d’une mer chaude qui recouvrait la région il y a environ 30 millions d’années. On y accède habituellement en une vingtaine de minutes à pied depuis le parking de la Roche aux Sabots.

Cet automne, ne comptez pas y aller : le feu du 12 juillet a surtout touché la forêt des Trois Pignons. Le site du Cul de Chien, le parking de la Roche aux Sabots et celui du Rocher Cailleau étaient fermés à la réouverture du 22 août. Le reste des Trois Pignons n’est accessible que depuis la Boulignière, les Gorges à Véron et Chanfroy.

Étendue de sable blanc avec un bloc de grès en forme de champignon au centre, bouleaux sans feuilles et pins à l'arrière
Le « bilboquet » des sables du Cul du Chien, dans la forêt des Trois Pignons, en mars. Photo : Daniel Villafruela, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Réserves biologiques : là où la forêt évolue seule

Fontainebleau a été le premier espace naturel au monde protégé pour sa beauté. En 1861, sous Napoléon III, les peintres de Barbizon et des écrivains ont obtenu la création de « séries artistiques » de plus de 1 000 hectares, où l’on cessait d’abattre les arbres. En 1953, une partie de ces séries est devenue des réserves biologiques. Elles couvrent aujourd’hui environ 2 400 hectares du massif, selon l’ONF. Dans les réserves intégrales, plus aucune coupe n’est faite : le bois mort reste au sol, et environ un quart de la faune et de la flore forestières dépend de lui.

On n’entre pas dans les réserves biologiques intégrales. On peut en revanche les longer : le sentier du Bouquet du Roi, accessible aux personnes à mobilité réduite, part du parking du carrefour du Grand-Duc. Il suit la lisière de la réserve de la Tillaie. On y voit le chêne Jupiter, de 6,7 m de circonférence, mort en 1994 à environ 650 ans et toujours debout derrière une clôture. Pour comprendre ce que sont ces vieilles forêts, l’article sur les forêts anciennes de Brocéliande fait un bon contrepoint. Un dossier sur les vieux arbres et forêts anciennes de France élargit le sujet.

Le feu a en partie atteint les réserves intégrales des Béorlots et du Rocher de la Combe, ainsi que 74 mares et 125 hectares de landes.

Faune et flore : cerfs, sangliers et pics

Entre influences atlantiques et continentales, sur des sables, des grès et des calcaires, le massif compte parmi les forêts les plus riches d’Europe de l’Ouest. On y a recensé 3 300 espèces de coléoptères, 1 200 espèces de papillons et une soixantaine de plantes protégées. Le site Natura 2000 du massif couvre plus de 28 000 hectares.

GroupeEspèces à connaîtreOù et quand
Grands mammifèresCerf élaphe, chevreuil, sanglierPartout ; plus faciles à entendre ou à croiser à l’aube et au crépuscule
PicsPic mar (100 à 500 couples estimés), pic noir (51 à 100 couples), pic cendréVieilles chênaies et hêtraies ; le pic noir aime les gros hêtres
Rapaces forestiersAutour des palombes, circaète Jean-le-Blanc, bondrée apivoreNicheurs suivis dans le massif
Oiseaux des landesEngoulevent d’Europe, fauvette pitchouLandes et platières
ArbresChêne sessile, hêtre, pin sylvestre, bouleau, houxChênes et hêtres dans les futaies ; pins et bouleaux sur les sables et les platières
Sources : DRIEAT Île-de-France (fiche du site Natura 2000 et suivi des pics de 2015), AFF.

Après les feux de juillet, les AFF estiment que la plupart des cerfs, chevreuils et sangliers adultes ont fui vers les parties épargnées. En revanche, des jeunes ont pu perdre leur mère, et la petite faune (insectes, lézards, petits mammifères) a été très touchée dans les zones brûlées. Il lui faudra plusieurs années pour se reconstituer.

L’automne en forêt : couleurs et brame du cerf

En octobre et en novembre, les hêtres et les chênes virent au roux, et les bouleaux des platières passent au jaune. Ces couleurs ressortent sur le gris du grès et le vert sombre des pins. Les platières de Franchard et les grandes futaies, comme celles qui bordent la réserve de la Tillaie, se prêtent bien aux balades d’automne. Pour d’autres idées de sorties, voyez notre sélection des plus belles forêts de France en automne.

Le brame du cerf a lieu en général de la mi-septembre à la mi-octobre. C’est la période où les mâles crient pour défendre leurs biches. Il s’écoute à l’aube ou à la tombée du jour, sans chercher à voir les animaux. Les règles sont simples : restez sur les chemins, ne vous approchez pas, n’utilisez ni lampe ni flash, et laissez le chien à la maison. Un cerf en rut peut charger. Pour un autre grand rendez-vous du brame, voyez notre article sur la forêt et la faune de Chambord.

L’automne est aussi la saison de la chasse, pratiquée à tir, à courre et à l’approche sous l’encadrement de l’ONF. N’entrez jamais dans un secteur signalé, et consultez les jours de chasse publiés par l’ONF avant de partir.

Y aller : train, bus et parkings

MoyenTrajetBon à savoir
Train (Transilien R)Paris-Gare de Lyon → Fontainebleau-Avon, 40 à 45 minTrains tous les jours ; la ligne de bus 1 relie la gare au centre-ville toutes les 15 minutes environ.
Arrêt Fontainebleau-ForêtEntre Bois-le-Roi et Fontainebleau-AvonDesservi par quelques trains du matin, les samedis, dimanches et jours fériés, horaires variables selon la saison. On ne peut qu’y descendre. Pas de train retour : rentrez par Bois-le-Roi ou Fontainebleau-Avon.
Train (gare de Bois-le-Roi)Même ligne RDépart à pied vers le nord du massif.
VoitureA6 depuis Paris, environ 60 kmParkings ouverts cet automne : Franchard, Arboretum, et aux Trois Pignons la Boulignière, les Gorges à Véron et Chanfroy. Les parkings sont pris d’assaut le week-end.
Sources : Fontainebleau Tourisme (accès), Fédération française de la randonnée (arrêt Fontainebleau-Forêt), AFF et ONF (parkings, état d’août 2026).
Sentier sableux qui serpente entre des dalles de grès et des pins sylvestres, dans une lumière de printemps
Un sentier entre les blocs de grès des gorges de Franchard. Photo : Rémih, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Les règles en forêt de Fontainebleau

Le massif est une forêt domaniale gérée par l’ONF. Il est classé « Forêt d’Exception » depuis 2012, fait partie de la réserve de biosphère de l’Unesco et d’un site Natura 2000. Les bonnes pratiques de la forêt de Fontainebleau diffusées par l’office de tourisme se résument ainsi :

RèglePourquoi
Feu, barbecue et cigarette interditsLe massif compte habituellement 30 à 40 départs de feu par an ; l’été 2026 l’a rappelé.
Zones incendiées interditesChutes d’arbres, sols fragilisés, risque de reprise de feu.
Rester sur les chemins ; pas d’entrée dans les réserves biologiques intégralesÉrosion du sable et des platières, tranquillité de la faune.
Chien en laisse du 15 avril au 30 juinPériode de naissance des jeunes animaux.
Cueillette : un panier par personne au plusFleurs, plantes et champignons compris.
Bivouac seulement sur les trois aires officielles ou en campingPas de nuit sauvage dans le massif.
Bois mort laissé au sol, ne pas grimper sur les piles de boisRichesse écologique, sécurité.
Déchets remportésPréserver la beauté et la vie de la forêt.
Vêtements longsTiques : retirez-les avec un tire-tique.
Sources : Fontainebleau Tourisme et ONF (charte des bonnes pratiques), AFF.

Fontainebleau n’est pas un parc national. Si vous cherchez ce niveau de protection, notre tour d’horizon des parcs nationaux de France explique ce qui les distingue d’une forêt domaniale comme Fontainebleau.

Quelle balade choisir cet automne ?

  • En famille, 2 à 3 heures : la boucle jaune des gorges de Franchard (3,5 km) depuis le parking de Franchard, avec la Roche qui pleure et l’ermitage.
  • Accessible à tous : le sentier du Bouquet du Roi, depuis le carrefour du Grand-Duc, en lisière de la réserve de la Tillaie.
  • Sans voiture : descendre à Fontainebleau-Forêt un samedi ou un dimanche matin, rejoindre la tour Denecourt par les sentiers bleus, puis rentrer par Fontainebleau-Avon ou Bois-le-Roi.
  • Pour le brame : une fin de journée de la fin septembre ou du début octobre, en lisière d’une grande futaie, en silence et sur un chemin ouvert.

Gardez la mer de sable pour plus tard. D’ici là, les informations des Amis de la forêt sur les incendies permettent de suivre l’avancée des travaux et des réouvertures.