Sommaire
- Le premier parc national de France, créé pour un animal
- La faune : bouquetins, chamois, marmottes et gypaètes
- Le bouquetin, raison d'être du parc
- Chamois, marmottes et lièvres variables
- Le gypaète barbu, revenu nicher dans les gorges du Doron
- Que voir en Vanoise : les sites incontournables
- Pralognan-la-Vanoise, le lac des Vaches et le col de la Vanoise
- Le vallon de Termignon et Plan du Lac
- Le lac de la Rosière, côté Courchevel
- Randonnées en Vanoise : quatre itinéraires pour commencer
- Quand venir : de juin à octobre, et l'hiver autrement
- La Vanoise en hiver : raquettes, refuges et quiétude
- Les règles du cœur de parc
- Vanoise et Grand Paradis : un seul espace protégé de part et d'autre de la frontière
- Préparer sa visite
Le 6 juillet 1963, un décret crée le premier parc national de France entre la Tarentaise et la Haute Maurienne. Il en avait un besoin précis : sauver le bouquetin des Alpes, dont il ne restait qu’une soixantaine d’individus dans le massif. Soixante ans plus tard, la Vanoise compte autour de 3 000 bouquetins, des gypaètes nichent de nouveau dans ses gorges et les randonneurs peuvent y dormir dans une quarantaine de refuges. Voici ce qu’il faut voir, où marcher, quand venir et ce que le cœur du parc interdit.
L’essentiel : le cœur du parc couvre environ 530 km² et se parcourt surtout à pied, de juin à octobre. Pour voir des bouquetins, visez le printemps et le début de l’été, quand ils descendent brouter l’herbe nouvelle. Les chiens y sont interdits, même tenus en laisse ; le bivouac n’est permis qu’à côté de certains refuges, de 19 h à 8 h, sur réservation. En hiver, les refuges du parc restent ouverts, mais sans gardien.
Le premier parc national de France, créé pour un animal
Le Parc national de la Vanoise est né par un décret du 6 juillet 1963, la même année que Port-Cros, et reste le doyen des onze parcs nationaux de France. Son histoire commence pourtant plus tôt, dans les années 1920, quand l’Italie crée le parc du Grand Paradis et que des chasseurs, des alpinistes et des naturalistes savoyards s’inquiètent de la disparition du bouquetin et du chamois dans les Alpes françaises.
Le massif est un territoire de haute montagne : plus d’une centaine de sommets y dépassent 3 000 mètres, et la Grande Casse culmine à 3 855 mètres. Selon le dossier publié par le parc pour ses 60 ans, le cœur protégé couvre environ 530 km², parcourus par 400 km de sentiers balisés. La Vanoise abrite 125 espèces d’oiseaux nicheurs et environ 1 400 espèces végétales, dont 65 protégées, comme le chardon bleu.
La fréquentation a dépassé toutes les prévisions : on attendait 5 000 visiteurs par an, il en est venu 500 000. C’est ce qui a poussé le parc à construire ses propres refuges, une spécificité de la Vanoise : il en possède aujourd’hui seize.
| Repère | Chiffre ou date |
|---|---|
| Création | Décret du 6 juillet 1963 |
| Cœur du parc | Environ 530 km² |
| Point culminant | Grande Casse, 3 855 m |
| Sentiers balisés | 400 km |
| Refuges dans le cœur | Une quarantaine, dont 16 appartenant au parc |
| Bouquetins dans le massif | Une soixantaine en 1963, environ 3 000 aujourd’hui |
| Couples de gypaètes barbus | Huit en 2023 |
| Jumelage avec le Grand Paradis | Depuis 1972 |
La faune : bouquetins, chamois, marmottes et gypaètes
Le bouquetin, raison d’être du parc
Chassé et braconné à partir du XVIe siècle, le bouquetin des Alpes a failli disparaître vers 1820 : il n’en restait alors qu’une centaine dans le monde, entre le Grand Paradis et la Vanoise. L’espèce doit sa survie au roi d’Italie Victor-Emmanuel II, qui réserva ses derniers représentants à sa chasse privée près de Valsavarenche. Côté français, le dernier noyau survivait dans le vallon de l’Orgère, au-dessus de Modane.
En 1963, on comptait une soixantaine de bouquetins en Vanoise. La protection, puis des réintroductions menées en 1969 et 1970, ont inversé la courbe : environ 3 000 animaux vivent aujourd’hui dans le massif, la plus grande population de France, et le parc estime l’effectif français à 11 000. Les gardes suivent toujours des animaux marqués, et le vallon de l’Orgère reste un site clé de ce suivi.
Quand et où le voir. En été, le bouquetin vit entre 2 700 et 3 300 mètres, sur les versants rocheux exposés au sud. Au printemps, il descend dans le bas des alpages pour brouter l’herbe nouvelle : c’est la période où on l’approche le plus facilement, et celle où les mâles se livrent leurs premières joutes. Les plus spectaculaires ont lieu en hiver, pendant le rut. Les itinéraires qui donnent de bonnes chances sont ceux de Pralognan (lac des Vaches, roc de la Valette), le vallon de l’Orgère et, en Haute Tarentaise, le cirque de Dégoteil et les barres rocheuses du dôme des Platières. Nous détaillons les autres sites des Alpes dans notre guide pour savoir où voir bouquetins et chamois.
Chamois, marmottes et lièvres variables
Le chamois est plus répandu et plus farouche que le bouquetin ; on le croise souvent à l’aube, en lisière des alpages. Les marmottes sont partout dans les pelouses d’altitude, notamment sur le chemin du lac des Vaches et dans le vallon de Prariond, au-dessus de Val-d’Isère. Le parc rappelle de ne jamais les nourrir : nos aliments leur donnent du diabète et des troubles digestifs. Autour de Plan du Lac vit le lièvre variable, blanc en hiver, que les agents suivent en analysant ses crottes, car il est très sensible au réchauffement.
Le gypaète barbu, revenu nicher dans les gorges du Doron
Persécuté aux XVIIIe et XIXe siècles, le gypaète barbu avait presque disparu des Alpes. Un programme international de réintroduction, lancé dans les années 1980 avec des oiseaux élevés en captivité, l’a fait revenir ; en Vanoise, il est réapparu de lui-même au début des années 1990 et ses premiers nids ont été installés dans les gorges du Doron, sous Termignon. Le parc comptait huit couples en 2023. Ce vautour casseur d’os, de 2,60 à 2,90 mètres d’envergure, se repère à ses ailes étroites et à sa queue en losange. Ses zones de nidification sont signalées sur les sentiers et doivent être traversées sans s’arrêter : le parc les qualifie de zones de grande sensibilité de novembre à juillet.
Il partage le ciel avec l’aigle royal, qui chasse surtout la marmotte. Pour comparer avec un autre massif où les grands rapaces sont suivis de près, voyez notre page sur le parc national des Écrins.
Que voir en Vanoise : les sites incontournables
Pralognan-la-Vanoise, le lac des Vaches et le col de la Vanoise
Le cœur du parc occupe les deux tiers de la commune de Pralognan, porte d’entrée historique du massif. La randonnée la plus connue part du parking des Fontanettes, passe au refuge des Barmettes, puis rejoint en une heure environ le lac des Vaches, à 2 318 mètres. Ce lac peu profond se traverse sur un chemin de grosses dalles posées dans l’eau, face à la Grande Casse. Il faut encore trois quarts d’heure pour atteindre le refuge du col de la Vanoise, à 2 518 mètres, au pied de l’aiguille de la Vanoise et des glaciers des Grands Couloirs. Au village, la Maison du Parc national renseigne et inscrit aux sorties avec les gardes, l’été comme l’hiver.

Le vallon de Termignon et Plan du Lac
Côté Maurienne, une petite route monte de Termignon jusqu’au parking de Bellecombe. Au-delà, la route est fermée aux véhicules à moteur ; en une petite heure de marche, on rejoint le lac de Plan du Lac et son refuge, au milieu des alpages, face aux glaciers de la Vanoise. En été, une navette gratuite relie Termignon à Bellecombe, et une ligne payante prolonge jusqu’à Entre-Deux-Eaux, l’alpage où l’on fabrique le bleu de Termignon. Plus loin s’ouvrent les vallons de la Rocheure et de la Leisse, vers le col de la Vanoise.

Le lac de la Rosière, côté Courchevel
Au pied de la vallée des Avals, au-dessus de Courchevel, le lac de la Rosière est une porte d’entrée facile : sentier botanique du Père Fritsch, via ferrata pour débutants et départ de nombreuses randonnées. De là, on monte aux lacs Merlet, en bordure du parc, où fleurit l’hormin des Pyrénées, découvert en Vanoise en 1875.
Randonnées en Vanoise : quatre itinéraires pour commencer
Le portail officiel Rando Vanoise recense les itinéraires du parc avec leurs traces GPS. Pour une première visite, ces quatre sorties couvrent les deux versants du massif.
| Itinéraire | Départ | Durée et dénivelé | Niveau | Ce qu’on y voit |
|---|---|---|---|---|
| Boucle du lac Blanc | Parking du Coëtet, Termignon | 2 h 30, 6,1 km, +377 m | Facile | Lac du Lait, lac Blanc, Dent Parrachée, glaciers |
| Lac de Chalet Clou | Les Prioux, Pralognan (navette) | 4 h, 9,6 km, +474 m | Moyen | Cirque de Nants, glacier de Gébroulaz |
| Lac des Vaches et col de la Vanoise | Fontanettes, Pralognan | 1 h des Barmettes au lac, puis 45 min jusqu’au refuge | Moyen | Grande Casse, marmottes, bouquetins en début d’été |
| Vallon de l’Orgère | Refuge de l’Orgère, Villarodin-Bourget | Promenade aménagée, panneaux sensoriels | Facile | Pins cembros centenaires, berceau du bouquetin |
Les marcheurs aguerris enchaînent plusieurs jours de refuge en refuge : le Tour des glaciers de la Vanoise autour de Pralognan, ou le tour complet du massif. Le parc rappelle de contourner les troupeaux et de rester calme si un chien de protection s’approche : arrêtez-vous, ne brandissez pas vos bâtons, il retournera à ses brebis.
Quand venir : de juin à octobre, et l’hiver autrement
Selon le parc, le cœur et ses sentiers sont généralement accessibles de juin à octobre, mais la neige peut rester tard sur certains passages et la météo change vite en altitude. Les refuges sont gardés à la belle saison : du 5 juin au 30 septembre 2026 à Plan du Lac, par exemple.
| Saison | Ce qu’on y fait | Faune |
|---|---|---|
| Printemps | Ski de randonnée ; certains refuges rouvrent avec gardien | Bouquetins descendus dans le bas des alpages |
| Juin – septembre | Randonnée, nuits en refuge gardé, bivouac autorisé près de certains refuges | Marmottes, chamois, bouquetins en altitude, jeunes gypaètes au nid |
| Octobre | Randonnée tant que la neige le permet, refuges sans gardien | Fin de saison : neige possible en altitude, sentiers plus calmes |
| Décembre – mars | Raquettes et ski de randonnée, sorties guidées par les gardes | Rut des bouquetins, traces de lièvre variable, tétras-lyre sous la neige |
La Vanoise en hiver : raquettes, refuges et quiétude
L’hiver, le parc ne ferme pas. Les refuges qui lui appartiennent restent ouverts sans gardien : on y dort en autonomie, contre une contribution à régler en ligne après son passage. Certains refuges sont gardés pour les skieurs de randonnée : le refuge du col de la Vanoise annonce un gardiennage du 26 février au 24 avril 2027, puis les week-ends de mai. La Maison du Parc de Pralognan propose aussi un programme d’animations l’hiver, avec des sorties en raquettes encadrées.
C’est la saison où la faune est la plus fragile. Un chamois dérangé dépense en fuyant soixante fois plus d’énergie qu’en se déplaçant normalement, un lièvre variable vingt fois plus. Le tétras-lyre passe la nuit dans un igloo creusé dans la poudreuse : si un skieur ou un raquettiste passe trop près, il s’envole et peut rester des heures en alerte. Restez sur les traces existantes, évitez les lisières et les bosquets, et observez aux jumelles.
Les règles du cœur de parc
Le cœur se reconnaît aux panneaux d’entrée et aux balises bleu-blanc-rouge : côté bleu, vous êtes dedans ; côté rouge, vous êtes dehors. Sa réglementation, fixée par le décret du 21 avril 2009, est plus stricte que dans le reste du massif.
| Sujet | Règle dans le cœur |
|---|---|
| Chiens | Interdits, même en laisse ou portés dans un sac (amende de 135 €). Exceptions : chiens de troupeau et chiens d’assistance certifiés, tenus en laisse. |
| Bivouac | Seulement aux abords de certains refuges, en période de gardiennage, de 19 h à 8 h, avec une petite tente où l’on ne tient pas debout, sur réservation (6 € la nuit). Bivouac non autorisé : 68 € d’amende. |
| Camping | Interdit, sous tente comme en véhicule. |
| Feu | Interdit ; le réchaud est autorisé. |
| Faune et flore | Interdit de déranger les animaux ou de cueillir les plantes sauvages. |
| Déchets | Aucune collecte en montagne : tout redescend avec vous. |
| Chasse | Interdite. |
Pour les chiens, le parc signale plus de 130 itinéraires hors du cœur sur Rando Vanoise. Le détail du bivouac et la carte des refuges qui l’accueillent sont sur la page bivouac du Parc national de la Vanoise. Les mêmes principes valent dans les autres parcs de montagne, du parc national du Mercantour au parc national des Pyrénées, avec des nuances d’horaires et de lieux.

Vanoise et Grand Paradis : un seul espace protégé de part et d’autre de la frontière
Le cœur de la Vanoise touche, le long de la frontière, le Parc national du Grand Paradis, créé en Italie dans les années 1920. Les deux parcs se sont jumelés en 1972 à Rhêmes-Notre-Dame, dans le Val d’Aoste, et forment ensemble l’un des plus vastes espaces protégés des Alpes occidentales. Le Conseil de l’Europe a attribué son Diplôme européen des espaces protégés à la Vanoise en 1976, puis au Grand Paradis en 2006 ; son renouvellement exige que les deux parcs travaillent ensemble.
Le bouquetin est au centre de cette coopération : les deux équipes le suivent en commun depuis 2017. Le 30 août 2025, au col du Mont-Cenis, les parcs ont signé une nouvelle convention pour 2026-2032, qui prévoit d’harmoniser leurs règles et d’étudier un code de bonne conduite bilingue. Depuis le vallon de Prariond, au-dessus de Val-d’Isère, on peut monter au col de la Lose, sur la frontière, pour voir le massif du Grand Paradis.
Préparer sa visite
Venez sans voiture quand c’est possible : des navettes gratuites desservent en été les départs de randonnée à Pralognan, Termignon, Tignes, Val-d’Isère ou Peisey-Nancroix. Réservez votre refuge, ou votre place de bivouac, avant de partir ; prévoyez une veste chaude même en août, et des jumelles.
Si vous aimez la haute montagne savoyarde, le massif voisin du Mont-Blanc offre une autre grande sortie à la journée, autour du lac Blanc et de la réserve des Aiguilles Rouges. Mais pour voir un bouquetin à quelques dizaines de mètres, au bord d’un sentier, la Vanoise reste le premier choix en France : c’est pour lui qu’elle a été protégée.



