Le braconnage du Bruant ortolan dans les Landes est un problème européen

Le Bruant ortolan est une espèce très menacée au plan européen, comme le montrent toutes les études à son sujet et notamment celle réalisée par la Fédération des Chasseurs des Landes en 2004. Il est sur la liste rouge des espèces menacées en France selon une récente publication (2011) de l’UICN et du Muséum de Paris. Cela justifie son statut de protection et appelle même de la part des Etats, comme l\'a rappelé le Conseil de l\'Europe dans une actualisation de la Convention de Berne en décembre dernier, une politique sans faille de protection contre tout acte de destruction délibérée. Le braconnage de l\'ortolan se poursuit pourtant plus que jamais cet automne dans les Landes, légitimé comme depuis dix ans par une tolérance préfectorale orale, et donc sans aucune valeur juridique, que la LPO n\'a eu de cesse de condamner.

Les opérations menées par le CABS (Committee Against Bird Slaughter) la semaine dernière sont totalement légitimes et témoignent d\'une prise de conscience à l\'échelle européenne de ce scandale. C\'est d\'ailleurs bien l\'échelle européenne qui est légitime dès lors qu\'il s\'agit d\'une espèce \"grande migratrice\". La LPO voit là la conséquence logique de ces dix années d\'une stratégie démagogique, désastreuse pour la préservation de cette espèce aujourd\'hui en grand danger, et déplore par ailleurs la montée en puissance de la violence sur le territoire landais.

Un autre incident est survenu près de la ville de Campagne, où les quatre pneus d’un véhicule du CABS ont été lacérés. L’équipe avait libéré cinq ortolans dans ce secteur peu de temps auparavant.

Le 2 septembre, à cause des nombreuses plaintes des braconniers et de la violence croissante contre les équipes, le Préfet des Landes, Claude Morel, a mis en demeure les bénévoles du CABS de quitter le département. \"La lettre nous a été transmise par la gendarmerie qui a ajouté qu’elle ne pouvait plus assurer notre sécurité\", précise le président du CABS Heinz Schwarze. Il considère que cette attitude de la part des autorités rend les forces de l’ordre et la préfecture otage des braconniers.

La LPO interpelle le préfet des Landes et sollicite une rencontre pour connaître sa stratégie d’éradication de cette pratique illégale coupable de contribuer à la disparition d’une espèce de son territoire européen.

La LPO a demandé le 22 août dernier à Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, et à Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, de mettre en œuvre la promesse du candidat à la présidentielle François Hollande : « Je soutiens bien évidemment l’interdiction de chasser des espèces protégées et m’inscris en opposition aux pratiques illégales telles que la pose de piège aux passereaux protégés ».

A l’heure où se dessine la conférence environnementale, est-il nécessaire de refaire le monde lorsque les réglementations élémentaires ne sont pas appliquées ?